(Easybourse.com) Un commentaire sur les résultats que vous venez de publier.
Deux points positifs et deux points négatifs ressortent des résultats annuels 2005-2006.
En ce qui concerne les satisfactions, il s'agit d'une part de l'accélération de la croissance du groupe. Pour la première fois en trois ans, A Novo enregistre une croissance organique. D'autre part, cette croissance s'observe sur chacun des pays où nous sommes présents. Nos résultats sont tirés à la hausse par les activités Smart Phone, ADLS (18 millions de Français ont un boîtier chez eux), les décodeurs numériques, l'informatique et les écrans plats. Le groupe bénéficie également d'un marché favorable.
Pour ce qui est des deux points noirs, il s'agit des problèmes de restructuration rencontrés sur les sites de Malaga en Espagne et de Västerås en Suède. Nous avions tablé sur un délai de six mois pour opérer ces restructurations. Au final, elles auront duré un an en raison des multiples négociations avec les syndicats ou encore les clients. Cette opération nous a donc coûté deux fois plus cher.
Qu'en est-il de la restructuration de ces deux sites aujourd'hui ?
La restructuration est finie et la croissance est de retour : +20% en Suède et +40% en Espagne. Le franchissement du point mort aura lieu l'été prochain.
Quel impact la stratégie de recentrage d'A Novo a-t-elle eu sur la rentabilité du groupe ?
Aujourd'hui A Novo fait essentiellement de la logistique retour (gestion de pièces détachées, recyclage de produits, etc.). Nous sommes passés de la réparation (40% de notre chiffre d'affaires) à des services à plus forte valeur ajoutée.
Vous tablez sur une croissance organique comprise entre 8 et 12% sur l'exercice en cours. Quels seront les moteurs de cette croissance ?
Nos moteurs de croissance seront le développement de l'ADSL, sa diffusion en Europe et la montée en gamme des décodeurs, notamment numériques. A noter que notre carnet de commandes connaît une hausse sensible d'au moins 10% cette année.
Quelles sont vos perspectives en termes d'endettement ? Envisagez-vous une amélioration cette année ?
Nous affichons un gearing de 1,2 sur l'exercice 2005-2006. La dette financière nette s'établit à 73,1 millions d'euros et les capitaux propres à 60,8 millions d'euros. Nous devrions nous stabiliser autour de 1. De plus, comme nous disposons d'un cash flow suffisant, nous n'avons pas besoin de faire appel aux bons de souscription présents sur le marché.
De nouvelles acquisitions sont-elles envisageables ? Dans l'affirmative, quel sera le profil des sociétés ciblées ?
Nous procéderons à des acquisitions mais de façon parcimonieuse. Elles concerneront de petites structures situées dans les pays où A Novo est déjà présent. Les petites entités doivent en effet faire face à des difficultés et ne peuvent pas répondre à la demande paneuropéenne. Ainsi au printemps dernier, nous avons acquis la totalité des actions du groupe suédois Engström, qui détenait 45% des parts du marché local. Grâce à ce rapprochement, nous détenons 80% des parts du marché suédois. Nous reprenons également certaines activités de nos clients, tel le site de Thomson à Angers.
A l'opposé, A Novo peut-il être considéré comme une proie ? Quelle serait votre réaction en cas d'OPA ?
Aucun autre acteur du métier ne peut nous racheter. Mais en dehors du métier, les potentiels acquéreurs pourraient être les Electronic Manufacturing Services (EMS). Toutefois, ils fabriquent leurs produits en Asie ou en Europe de l'Est, ce qui va à l'encontre de la stratégie d'A Novo qui désire être proche du client. Les logisticiens pourraient également être intéressés par nous.
Mais A Novo n'est pas à vendre. Cette année, nous affichons une marge opérationnelle comprise entre 3 et 4 points. D'ici à deux ans, elle devrait être de 6 à 7 points. Nous n'avons besoin de personne, financièrement et techniquement.
Le titre A Novo a sous performé le marché avec un recul de 18% depuis le début de l'année et de plus de 20% sur un an. Comment expliquez-vous cette contre performance boursière ?
Les risques encourus par le groupe sont infiniment moins élevés qu'il y a un ou deux ans. Nous avons certes fait une erreur de timing en ce qui concerne la restructuration de nos sites en Espagne et en Suède mais la croissance organique est aujourd'hui de retour et de nouveaux contrats ont été signés. Le marché devrait bientôt reconnaître la valeur du groupe.
Propos recueillis par C.P.
- 27 Novembre 2006 - Copyright © 2006 www.easybourse.com