
Après une chasse au repreneur de près de deux ans, l'issue du feuilleton Alitalia semble approcher. Hier, le gouvernement italien approuvait l'amendement de la loi sur les faillites pour rendre possible le sauvetage d'Alitalia, a déclaré une source gouvernementale.
Le projet de loi adopté permettra de scinder Alitalia en deux entités, l'une regroupant les filiales en difficulté qui seront placées sous tutelle et l'autre bénéficiant d'un milliard d'euros apportés par 16 investisseurs italiens, surnommés 'bonnes fées' par la presse italienne, pour relancer la compagnie aérienne sous un format plus réduit.
L'espoir est qu'une Alitalia restructurée soit plus attrayante pour un associé étranger censé l'aider à assurer son avenir dans les cieux sur le long terme.
Air France-KLM, qui avait jeté l'éponge dans le courant de l'année face à l'opposition des syndicats, a fait savoir hier qu'elle était disposée à prendre une 'participation minoritaire', aux côtés des investisseurs italiens réunis par la banque Sanpaolo Intesa, pour autant que les perspectives de retour à la rentabilité se confirment.
Selon le quotidien Il Sole d'hier, Compagnia Aerea Italia, futur ex-Alitalia, ambitionne d'enregistrer des bénéfices dès 2011 et d'afficher un Ebit tournant autour de 250 millions d'euros et un chiffre d'affaires de 5 milliards en 2013.
Mais d'après La Tribune, la compagnie aérienne allemande pourrait venir troubler les plans d'Air France-KLM.
D'après une information du quotidien, la direction de la compagnie allemande Lufthansa serait en discussion avec celle de la future Compagnia Aerea Italia. Plus exactement, le futur président de la CAI, Roberto Colaninno, PDG de Piaggio et plus gros investisseur parmi les 16 dans la nouvelle Alitalia, serait en contact avec président du directoire de Lufthansa, Wolfgang Mayrhuber.
Même si la compagnie allemande indique officiellement 'qu'il n'y a aucune discussion en ce moment entre Lufthansa et Alitalia', cette rumeur a du sens étant donné que la compagnie allemande a déjà un partenaire en Italie, Air One, qui doit justement fusionner ses activités rentables avec celles d'Alitalia lors du sauvetage.
Dès ce vendredi, au moment de l'annonce de ses résultats trimestriels, Alitalia pourrait en profiter pour annoncer sa mise en faillite.
C.L.