Bourse de Paris : CORR-Fin d'une grève coûteuse pour Air France
09/02/2012 | 19:08
(Corrige jour, § 3)
* Le gouvernement soutient le projet de loi contesté
* Réunion avec les syndicats vendredi
* Menace d'une nouvelle grève en février
Le trafic aérien
reviendra à la normale vendredi à Air France avec la
fin, peut-être provisoire, d'un conflit social entamé lundi
dernier contre le projet d'encadrer le droit de grève et qui
aurait coûté de 8 à 10 millions d'euros par jour.
Selon la direction, ce chiffre comprend les indemnisations
des passagers et les modifications des réservations ainsi que
les coûts des centres d'appels et des quelque 170.000 textos et
courriers électroniques envoyés au passagers.
Jeudi, 77% des vols long-courriers et 75% des vols
moyen-courriers ont été assurés, dit Air France dans un
communiqué.
Sur les quatre jours de grève, la compagnie dit avoir assuré
les trois quarts de ses vols, mais a dû procéder à 300
annulations de vols "à chaud".
Le ministre des Transports, Thierry Mariani, a affirmé lors
des questions d'actualité au Sénat qu'Air France était
pratiquement la seule compagnie touchée par la grève et que les
pilotes étaient "quasiment les seuls à faire grève".
Le ministre recevra vendredi les syndicats représentatifs du
transport aérien, dont le Syndicat national des pilotes de
lignes (SNPL), pour tenter d'éviter une seconde grève.
"On ira en intersyndicale mais le ministre aurait pu gagner
trois jours en recevant les organisations dès le début de la
grève", a déclaré David Ricatte, de la CGT Air France.
L'intersyndicale menace d'une deuxième grève de quatre jours
à partir du 15 février contre la proposition de loi du député
UMP Eric Diard visant à instaurer un "service garanti" dans les
transports aériens, en réalité à encadrer le droit de grève par
des procédures de déclaration préalables des salariés.
DISCUSSIONS DÉLICATES
Les discussions s'annoncent délicates, car Thierry Mariani a
réaffirmé jeudi le soutien du gouvernement à la proposition de
loi, dans laquelle les syndicats voient une atteinte au droit de
grève.
"Est-ce que le gouvernement entend soutenir et continuer à
soutenir cette proposition de loi, la réponse est 'oui'", a-t-il
dit devant les sénateurs.
Prié de dire si la réunion au ministère pourrait permettre
de dénouer le conflit, David Ricatte a dit s'attendre à ce que
le ministre propose une modification du calendrier de l'examen
du texte "afin d'éviter une nouvelle grève pendant les vacances
de février".
"On ne tire pas de plans sur la comète, on attend de voir",
a dit le syndicaliste.
Thierry Mariani a assuré de son côté que le gouvernement
n'entendait pas porter atteinte au droit de grève. "Cette loi ne
concerne pas le droit de grève, elle touche simplement à
l'organisation des transports en cas de conflit", a-t-il dit.
Le texte adopté en première lecture à l'Assemblée le 24
janvier doit être en principe examiné au Sénat le 15 février,
avant de revenir le 22 février en nouvelle lecture devant les
députés, qui ont le dernier mot.
Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, a
souhaité mercredi que la proposition de loi soit définitivement
adoptée avant les élections, tout en se montrant circonspect sur
le calendrier parlementaire.
Le texte prévoit une déclaration préalable des grévistes 48
heures avant le conflit et une prévision de trafic pour les
usagers, au plus tard 24 heures avant le début de la grève,
comme à la SNCF ou à la RATP.
Le gouvernement avait inscrit cette proposition à l'ordre du
jour des travaux de l'Assemblée le 20 décembre, au moment où une
grève des agents de sûreté perturbait l'activité des aéroports.
(James Regan, Gérard Bon, Thierry Lévêque édité par Yves
Clarisse)