Bourse de Paris : France-Air France annulera encore des vols mardi
06/02/2012 | 19:50
* Air France annule 20% de ses vols à la dernière minute
* Le gouvernement entend aller "jusqu'au bout"
* Les syndicats déterminés
(Actualisé avec prévisions pour mardi, Toulouse)
Air France
prévoit d'assurer mardi plus de 50% de ses vols long-courriers
et 70% de ses vols court- et moyen-courriers, au deuxième jour
d'une grève contre le projet d'instaurer un service garanti dans
les transports aériens.
Lundi, la compagnie a été contrainte d'annuler près de 20%
de ses vols à la dernière minute. Le SNPL, principal syndicat de
pilotes, a affirmé que le mouvement social a été "bien suivi",
avec plus de 50% des pilotes en grève.
Air France a pu exploiter plus de 85% de son programme de
vol long-courrier. Sur son réseau moyen-courrier, la compagnie a
réalisé son programme à plus de 75%, selon un communiqué.
La grève, organisée par les syndicats français de pilotes de
ligne et de la majorité des organisations de stewards, hôtesses
et personnels au sol, doit durer jusqu'à jeudi inclus.
"Cette grève est bien suivie et elle va l'être de mieux en
mieux", a estimé Louis Jobard, porte-parole du syndicat SNPL.
Dix vols ont par exemple été annulés à l'aéroport de
Lyon-Saint-Exupéry, notamment en direction de Limoges, Lille,
Hambourg, Lorient, Bologne et Nantes.
Selon Aéroports de Paris, la situation était "plutôt
tranquille" lundi à Roissy et Orly.
A l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry, les vols assurés
enregistraient un retard moyen de 20 minutes.
A l'aéroport Nantes-Atlantique, 19,7% des vols ont été
annulés et la direction ne prévoit "aucune annulation" mardi.
Selon l'aéroport Toulouse Blagnac, 50 vols sur les 247
prévus au départ et à l'arrivée de l'aéroport, ont été annulés
et de nombreux vols ont été également retardés.
"JUSQU'AU BOUT"
Ce sont les vols d'Air France qui ont été les plus touchés
par le mouvement de grève, et tout particulièrement la navette
Paris-Toulouse, avec 26 vols annulés sur les 64 prévus ce lundi.
Dans la région parisienne, des centaines d'employés ont
manifesté devant le terminal 2F de l'aéroport de Roissy lundi en
fin de matinée, et l'accès au terminal a été entièrement bloqué
par des CRS, a pu constater un journaliste de Reuters. Olivier
Besancenot, ancien chef de file du Nouveau parti
anticapitaliste, était présent sur place.
Le ministre des Transports Thierry Mariani a déclaré sur RTL
que le gouvernement irait "jusqu'au bout" dans sa volonté
d'encadrer le droit de grève dans les transports aériens.
"C'est une nécessité, c'est une chose que les Français
comprennent", a-t-il dit. "Le droit de grève est maintenu, le
droit de grève existe toujours, mais les passagers ont enfin
quelques droits", a-t-il ajouté.
L'action d'Air France-KLM a perdu 4,14% lundi à la Bourse de
Paris au premier jour du mouvement de grève.
La proposition de loi visant à encadrer le droit de grève
dans l'aérien, adoptée fin janvier par les députés, sera
examinée au Sénat à partir du 15 février et les opposants à ce
texte entendent se battre jusqu'au bout.
Le gouvernement avait décidé d'inscrire cette proposition à
l'ordre du jour des travaux de l'Assemblée le 20 décembre
dernier, au moment où une grève des agents de sûreté perturbait
gravement l'activité des aéroports (voir ).
Le texte prévoit notamment une déclaration préalable des
grévistes 48 heures avant le conflit et une prévision de trafic
pour les usagers, au plus tard 24 heures avant le début de la
grève, comme à la SNCF ou à la RATP.
(Chine Labbé, avec Pauline Mével et les correspondants en
région, édité par Yves Clarisse)