Bourse de Paris : La grève se durcit à Air France, le gouvernement inflexible
07/02/2012 | 19:09
* Air France dit avoir assuré 70% de ses vols mardi
* La situation devrait être comparable mercredi
(Actualisé avec prévisions Air France)
La compagnie Air France
prévoit d'assurer mercredi 60% de ses vols
long-courriers et 70% de ses vols court et moyen-courriers, au
troisième jour d'une grève contre une proposition de loi
encadrant le droit de grève dans les transports aériens.
Air France dit avoir assuré plus de 70% de ses vols mardi,
avec moins d'annulations de dernière minute que la veille, quand
20% des vols avaient dû être annulés.
"Le nombre d'annulations 'à chaud', c'est-à-dire à la
dernière minute, est en sensible diminution et n'a concerné
qu'une trentaine de vols, dont un vol long-courrier", écrit la
compagnie aérienne dans un communiqué.
"La situation est calme en aéroports, une large majorité des
passagers ayant pu bénéficier d'une solution de voyage
alternative, sur un autre vol d'Air France ou d'une compagnie
tierce", ajoute-t-elle.
Mais le SNPL, principal syndicat de pilotes, prévient dans
un communiqué que "les risques de perturbations majeures vont
s'intensifier dans les deux prochains jours", estimant que les
prévisions de trafic communiquées par Air France sont
"délibérément optimistes".
À l'aéroport de Nantes-Atlantique, 10 vols sur 115 ont été
annulés mardi, et la direction prévoit déjà l'annulation de 4
vols sur les 123 vols programmés mercredi soit 3,25% du trafic.
Plus de 50% des pilotes étaient en grève mardi, avec des
pointes à 70% chez Air France, d'après le SNPL, qui évoque un
mouvement "bien suivi".
À la mi-journée, environ un tiers des pilotes étaient en
grève chez Transavia, filiale "low cost" d'Air France, un tiers
aussi chez Britair et un quart chez EasyJet, de même source.
"JUSQU'AU BOUT"
La grève, organisée par les syndicats français de pilotes de
ligne et la majorité des organisations de stewards, hôtesses et
personnels au sol, doit durer jusqu'à jeudi inclus.
La ministre des Transports Nathalie Kosciusko-Morizet a
estimé mardi matin sur LCI que le conflit social était "sérieux"
mais a ajouté qu'elle le considérait comme "inadapté".
"C'est leur droit (de faire grève-NDLR) mais au dernier
moment, ne pas venir alors que tous les passagers sont
embarqués, moi je trouve que c'est un détournement", a-t-elle
déclaré.
Le ministre chargé des Transports Thierry Mariani a soutenu
lors des questions à l'Assemblée que le projet du gouvernement
ne remettait pas en question le droit de grève. Il avait déjà
prévenu lundi sur RTL que le gouvernement irait "jusqu'au bout"
sur ce dossier.
Une proposition de loi allant dans ce sens a été adoptée fin
janvier par les députés et sera examinée au Sénat à partir du 15
février.
Le texte prévoit notamment une déclaration préalable des
grévistes 48 heures avant le conflit et une prévision de trafic
pour les usagers, au plus tard 24 heures avant le début de la
grève, comme à la SNCF ou à la RATP.
Le gouvernement avait décidé d'inscrire cette proposition à
l'ordre du jour des travaux de l'Assemblée le 20 décembre
dernier, au moment où une grève des agents de sûreté perturbait
gravement l'activité des aéroports.
(Thierry Leveque et Chine Labbé, édité par Yves Clarisse)