Bourse de Paris : Troisième jour de grève à Air France, discussions en vue
08/02/2012 | 18:54
* Le ministre des Transports recevra le syndicat SNPL
* Trafic au-delà des prévisions mercredi
* 65% de long et 75% de court et moyen-courriers prévus
jeudi
(Actualisé avec prévisions de jeudi, CGT, PDG Air France)
Le ministre des
Transports, Thierry Mariani, recevra vendredi le Syndicat
national des pilotes de lignes (SNPL) pour tenter d'éviter une
seconde grève de quatre jours à Air France au cours du
mois de février.
Pour le dernier jour de la première phase du conflit, la
compagnie aérienne prévoit d'assurer jeudi 65% de ses vols
long-courrier et 75% de ses vols court et moyen-courrier jeudi.
Air France a enregistré très peu d'annulations de dernière
minute mercredi, et a pu assurer 65% des vol long-courrier et
75% de ses vols court et moyen-courrier. Seuls 5% de vols
moyen-courrier et 3 vols long-courrier ont été annulés "à chaud"
contre 20% lundi, au premier jour de la grève.
Le préavis de grève des pilotes et de la majorité des
syndicats de stewards, hôtesses et personnels au sol, court
jusqu'à jeudi inclus.
Mais l'intersyndicale menace d'un nouveau mouvement de
quatre jours à partir du 15 février contre la proposition de loi
du député UMP Eric Diard visant à instaurer un service garanti
dans les transports aériens.
Pour renouer le dialogue, le ministre des Transports,
Thierry Mariani, a proposé de recevoir le SNPL vendredi, a-t-on
précisé au ministère et de source syndicale.
Les discussions s'annoncent ardues, car Thierry Mariani a
réaffirmé mardi à l'Assemblée nationale son attachement à la loi
visant à encadrer les conflits sociaux dans le secteur aérien,
assurant que le gouvernement irait "jusqu'au bout".
PILOTES DÉTERMINÉS
De leur côté, les pilotes et les autres membres de
l'intersyndicale réclament un geste sur le calendrier de
l'examen du texte adopté en première lecture à l'Assemblée le 24
janvier et qui sera examiné au Sénat le 15 février.
La proposition devrait être recalée au Sénat et reviendra le
22 février en nouvelle lecture devant les députés, qui ont le
dernier mot.
"On leur laisse l'opportunité d'apaiser les choses en
modifiant le calendrier", a dit à Reuters David Ricatte, de la
CGT Air France.
"Ils veulent tout passer en urgence, notamment le 15 février
au Sénat, mais ils s'exposent à un nouveau mouvement de grève à
partir du 15 février", a-t-il ajouté.
David Ricatte a souligné que le secrétaire général de l'UMP,
Jean-François Copé, avait souhaité que la proposition de loi
soit définitivement adoptée avant les élections, tout en se
montrant circonspect sur le calendrier parlementaire.
Le texte prévoit une déclaration préalable des grévistes 48
heures avant le conflit et une prévision de trafic pour les
usagers, au plus tard 24 heures avant le début de la grève,
comme à la SNCF ou à la RATP.
Le gouvernement avait inscrit cette proposition à l'ordre du
jour des travaux de l'Assemblée le 20 décembre, au moment où une
grève des agents de sûreté perturbait l'activité des aéroports.
Depuis le début du mouvement, lundi, la compagnie dit avoir
envoyé plus de 170.000 courriels et textos pour informer les
clients d'un report ou d'une annulation de vol.
Parallèlement au conflit, le PDG d'Air France, Alexandre de
Juniac, a confirmé mercredi lors d'une audition devant la
commission économique du Sénat qu'il entendait renégocier les
accords sociaux de l'entreprise dans les plus brefs délais.
Un comité central destiné à proposer aux personnels la
dénonciation des conventions de la compagnie est prévu vendredi.
"Nous allons proposer aux instances du personnel vendredi un
projet de dénonciation des conventions, qui ne vise pas à
détruire le cadre mais à le rénover", a-t-il dit.
(Elizabeth Pineau et Gérard Bon, avec Emile Picy, édité par
Yves Clarisse)