Bourse de Paris : Vers quatre jours de grève dans le transport aérien en France
03/02/2012 | 20:51
(Actualisé avec prévisions de trafic)
Les syndicats français de
pilotes de ligne et la majorité des organisations de stewards,
hôtesses et personnels au sol appellent à la grève du 6 au 9
février contre le projet d'instaurer un service garanti dans les
transports aériens.
Le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL France
ALPA), premier syndicat de pilotes, et cinq syndicats (CGT, FO,
SNPNC, UNAC et UNSA) d'Air France demandent à
l'ensemble des personnels de la compagnie de cesser le travail
pendant quatre jours.
Les syndicats de pilotes Alter, Spaf et UNOPL avaient eux
aussi prôné jeudi la grève contre un texte qui constitue selon
eux "une atteinte grave aux droits fondamentaux des salariés des
entreprises de transport aérien."
Air France prévoit d'assurer lundi plus de 85% de
ses vols long-courrier et plus de 80% de ses vols
moyen-courrier.
"La compagnie s'organise au mieux pour ajuster son programme
de vol en fonction du niveau de participation des personnels du
transport aérien à ce mouvement", écrit-elle dans un communiqué.
"Cependant, ceux-ci n'étant pas obligés de prévenir au préalable
de leur intention, des retards et annulations de vol de dernière
minute restent possibles."
Les prévisions de trafic de mardi seront communiquées lundi.
Sur son site internet, la compagnie aérienne propose
plusieurs possibilités de modifications sans frais pour les
passagers ayant un billet prévu entre le 6 et le 9 février.
Philippe Vivier, vice-président du SNPL, a précisé à Reuters
que le mouvement de grève était reconductible.
Il a souligné que le syndicat avait organisé un référendum
pour obtenir l'accord des adhérents et que 73% de ses membres
avaient opté pour une grève reconductible, mais pas
automatiquement à partir du 10 février.
"Nous ferons d'autres journées de grève en février à une
date qui reste à déterminer", a-t-il dit.
AMENAGEMENTS DU TEXTE
Le SNPL avait demandé au gouvernement des aménagements du
texte rejeté par les syndicats et le ministère des Transports a
fait des propositions jeudi. Mais il a refusé toute modification
du texte de loi, affirme le SNPL dans un communiqué.
"Le gouvernement ment à la population sur le véritable
objectif de cette loi qui ne répond ni à la volonté
d'information des passagers, ni à l'instauration d'un service
garanti", ajoute le syndicat.
Les députés français ont adopté fin janvier une proposition
de loi UMP controversée dont l'objet est d'encadrer le droit de
grève dans les transports aériens pour éviter que les passagers
se retrouvent coincés dans les aéroports.
Ce texte sera examiné au Sénat à partir du 15 février et les
opposants à ce texte entendent se battre jusqu'au bout.
Le gouvernement avait décidé d'inscrire cette proposition à
l'ordre du jour des travaux de l'Assemblée le 20 décembre
dernier, au moment où une grève des agents de sûreté perturbait
gravement l'activité des aéroports.
Le texte prévoit notamment une déclaration préalable des
grévistes 48h avant le conflit et une prévision de trafic pour
les usagers, au plus tard 24 heures avant le début de la grève,
comme à la SNCF ou à la RATP.
(Gérard Bon, avec Chine Labbé)