AIR FRANCE -KLM : Un métier fait d’impondérables
Place de Cotation :NYSE Euronext Paris
Métiers : transport aérien
Marché, Positionnement :1ère compagnie mondiale en chiffre d’affaires, 3ème en passagers
Forces :taille importante, qualité de la flotte, capacité de réaction
Faiblesses :sensible à la conjoncture et au prix du pétrole
Raisons de la Recommandation :
Il n’est pas facile de diriger une compagnie aérienne avec tous les impondérables de ce métier ; lorsque ce n’est pas la crise qui fait chuter le trafic aérien, ce sont les évènements politiques, climatiques ou autres qui viennent brouiller la visibilité. Alors que l’exercice 2010 s’était soldé dans les comptes de l’entreprise par la pire perte de son historie depuis le rapprochement avec KLM (1,56 md€ de résultat négatif pour un chiffre d’affaires de 21 Md€, en baisse de 15 %), celui qui vient de s’achever témoignera du redressement des comptes, dans une moindre mesure qu’initialement espéré cependant.
La compagnie, comme ses consœurs, est victime d’une série d’éléments défavorables qui perturbent son activité, ce qu’elle reconnaît volontiers : l’irruption d’un volcan en Islande, les intempéries, les grèves, et maintenant les évènements politiques. Que ce soit en Afrique ou autour de la Méditerranée, de nombreux vols ont du être suspendus devant l’incertitude géopolitique. Sans parler de la catastrophe au Japon, où la compagnie a annoncé récemment avoir repris ses vols. Tous ces évènements risquent fort de faire ralentir à nouveau la croissance du trafic long courrier qui venait juste de se remettre de la crise, avec un coefficient d’occupation qui revenait enfin à ses niveaux antérieurs.
A ce tableau déjà compliqué, il convient d’ajouter la concurrence des compagnies low-cost, et évidemment, le prix du kérosène. On se souvient que des couvertures contre un renchérissement du carburant avaient coûté plusieurs centaines de millions d’euros à la société, lorsque les prix du baril du pétrole se sont repliés très fortement au second semestre 2008 après leur forte envolée. Moins spectaculaire, la hausse actuelle du baril n’en est pas moins ennuyeuse, mais elle devrait être atténuée cette fois-ci grâce aux couvertures prises précédemment et qui courent sur les exercices 2011 et 2012. Aplus long terme, le renouvellement de la flotte devrait rendre moins critique ce facteur, mais il faudra toujours du carburant dont le prix à terme pourrait bien rester élevé.
Face à de tels problèmes indépendants de sa volonté et souvent impossibles à anticiper, la compagnie s’adapte. Elle a déjà procédé à des suppressions de postes, elle a relevé le prix de ses billets, se rapproche de ses clients qui doivent en plus supporter une taxe d’aéroports relevée de 15 % depuis le 1er janvier, et a lancé son projet stratégique « Embark » qui a pour objectif aussi bien de renforcer les finances de la société que d’aller chercher la croissance dans les pays émergents grâce à ses partenariats. Les besoins et les attentes de ses clients ont été comme dans d’autres domaines modifiés par la crise, il faut en tenir compte et ajuster en conséquence le modèle économique.
Le premier semestre de l’exercice achevé fin mars avait fait état d’une amélioration de la plupart des indicateurs : croissance du trafic, coefficient d’occupation, mais les évènements survenus par la suite ont affecté les comptes du troisième trimestre et généré une perte d’exploitation ; malgré tout, sur neuf mois, le chiffre d’affaires est en hausse de 14 %, le résultat opérationnel est redevenu bénéficiaire, de même que le résultat net. Il est à craindre malheureusement que le dernier trimestre ne réduise un peu plus cette amélioration.
Objectifs de cours:
Nous n’avons jamais été très favorables à l’achat fondamental de l’action, en raison notamment de la multiplicité de ces impondérables par nature non prévisibles ; il suffit d’ailleurs de regarder le graphique du cours de la valeur depuis une dizaine d’année pour s’en convaincre. Dans quelques semaines la société va communiquer les chiffres de l’exercice, ils ne devraient pas être aussi favorables que le management était en droit de l’espérer l’an dernier à cette époque.
A 11,60 €, la compagnie est faiblement valorisée, mais il existe beaucoup d’incertitudes pour estimer avec un minimum de fiabilité ses perspectives bénéficiaires. Le consensus est d’ailleurs très partagé quant aux estimations pour cette année, qui varient du simple au double. Pour notre part, nous restons fondamentalement toujours à l’écart, mais devant tant de mauvaises nouvelles, l’on peut aussi considérer que le pire n’est jamais certain, et qu’après tout, une bonne surprise ou l’arrêt d’évènements négatifs pourraient faire prendre de la hauteur à l’action et la faire revenir vers 14 – 15 €, son niveau du début d’année. Dans ce seul objectif, un investisseur qui aime le court terme pourrait tenter l’aventure.
Marc Bouche Copyright (c) 2012 Zonebourse.com / Combho SAS
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| Profitabilité |
2012e |
2013e |
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Marge d'exploitation (EBIT / CA)
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-2,34% |
0,13% |
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Levier opérationnel (Delta EBIT / Delta CA)
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- |
23,7x |
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Marge Nette (RN / CA)
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-2,31% |
-0,71% |
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ROA (RN / Total Actif)
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-2,73% |
-0,97% |
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ROE (RN / Capitaux Propres)
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-12,8% |
-3,59% |
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Ratio Versement Dividende
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-0,43% |
-7,98% |
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