ARCELORMITTAL : ArcelorMittal-Les salariés de Florange sonnent l'alarme
14/02/2012 | 19:20
(Actualisé, risque d'arrêt sur 2012, déclarations de la
direction, § 2-4)
Les syndicats de
l'usine ArcelorMittal de Florange (Moselle), dont les
hauts fourneaux sont à l'arrêt pour une durée indéterminée,
tirent le signal d'alarme à deux mois de l'élection
présidentielle sur les risques de fermeture du site.
La direction a confirmé mardi à l'intersyndicale
que la situation actuelle, qui se traduit par du chômage partiel
pour 2.600 des 5.000 employés du site (dont 3.000 en CDI)
durerait au moins jusqu'à la fin du deuxième trimestre et
pourrait se poursuivre sur l'ensemble de l'année, a dit la CFDT.
"La direction nous a dit qu'il y a une grosse probabilité
que le site reste à l'arrêt aux troisième et quatrième
trimestres, donc jusqu'à la fin de l'année", a dit à Reuters
Jean-Marc Vecrin, délégué central de la CFDT.
La direction, contactée par Reuters, a annoncé la
convocation d'un comité central d'entreprise le 23 février
"concernant la situation des activités en Lorraine pour le 2eme
trimestre 2012", sans confirmer ces informations.
"On s'attend à une fermeture définitive de la filière
liquide", a dit à Reuters Frédéric Weber, secrétaire adjoint de
la CFDT du site. "Des notes internes au sein du groupe disent
qu'il est très difficile de prendre des décisions en France
avant les élections présidentielles", a-t-il ajouté.
Selon le syndicaliste, l'arrêt de la filière liquide et de
l'activité packaging entraînerait la disparition d'un millier
d'emplois.
L'intersyndicale, qui comprend la CFDT, la CGT, FO et la
CFE-CGC, réunira les salariés jeudi en assemblée générale pour
définir des actions "dures".
"On ne va pas se laisser tuer en silence. On a une fenêtre
d'opportunité jusqu'en mai. Après, c'est 'rideau'", estime
Frédéric Weber, pour qui les politiques doivent "mouiller leur
chemise" comme pour le fabricant de lingerie Lejaby.
Après avoir décidé fin 2011 la fermeture définitive de ses
hauts fourneaux de Liège en Belgique et la mise à l'arrêt de
ceux de Florange et d'Eisenhüttenstadt, en Allemagne,
ArcelorMittal a annoncé en janvier des suppressions d'emploi en
Pologne et la fermeture de son aciérie de Madrid.
Concernant Florange, les syndicats estiment que seul le
projet Ulcos, qui en ferait un site pilote pour la capture et le
stockage de CO2 dans le sol, garantirait l'avenir.
Cet investissement de 600 millions d'euros est lié à
l'obtention de subventions européennes sur lesquelles une
décision n'interviendra pas avant octobre.
(Gilbert Reilhac, édité par Gilles Trequesser)