AREVA : Une prolongation du nucléaire serait l'option la moins chère-Rapport
30/01/2012 | 19:55
L'extension de la durée
de vie des centrales nucléaires françaises est l'option la moins
chère pour l'État jusqu'à 2035-2040, selon la version provisoire
d'un rapport commandé par Eric Besson et révélée lundi par
Mediapart.
Selon le site d'information, EDF estime que la
prolongation de la durée de fonctionnement de ses centrales
coûterait de 680 à 860 millions d'euros par réacteur.
Or, la construction d'un réacteur de nouvelle génération
d'Areva coûterait par comparaison environ 5 milliards
d'euros par réacteur.
"Cette option de prolongation s'avère de loin la moins
coûteuse en termes d'investissements jusqu'à 2035-2040, quel que
soit le scénario alternatif où il y aurait remplacement de
réacteurs par un quelconque autre moyen de production", dit le
rapport, dont la version définitive doit être remise au ministre
de l'Industrie et de l'Energie le 13 février.
L'estimation d'EDF tient compte des mesures demandées par
l'Autorité de sûreté nucléaire depuis la catastrophe de
Fukushima au Japon. Des mesures dont l'électricien français a
estimé début janvier qu'elles généreraient un surcoût de 10
milliards d'euros (voir ).
Commandé par le ministre de l'Industrie et de l'Énergie en
octobre dernier, ce rapport analyse différents scénarios de
politique énergétique pour la France à l'horizon 2050. Il doit
"éclairer" la programmation pluriannuelle que le ministre
présentera au Parlement en 2013.
Quatre scénarios sont envisagés: la prolongation du parc
nucléaire, l'accélération du passage à la troisième voire
quatrième génération nucléaire, la réduction progressive du
nucléaire, et la sortie totale du nucléaire.
Dans cette version provisoire, le rapport souligne que si la
proportion du nucléaire dans la production d'électricité passait
de 75 à 50% en France, la hausse des prix de l'électricité se
traduirait en 2030 par une perte de PIB de 0,6% et de 0,9% si
elle passait à 20%.
Mais les conclusions de ce rapport ne sont pas définitives,
et n'engagent pas le ministre, insiste-t-on au gouvernement.
"Le rapport 'Énergies 2050' n'est absolument pas finalisé",
dit une source au cabinet d'Eric Besson. "Ce rapport n'engagera
que la commission qui l'a élaboré," ajoute-t-elle.
L'UMP souhaite le maintien de la part du nucléaire dans la
production d'électricité française à 75%, alors que François
Hollande veut la faire passer à 25% à l'horizon 2025.
La fermeture de Fessenheim, que le candidat socialiste a
promise s'il est est élu en mai, entraînerait un manque à gagner
de 1,1 milliard d'euros pour EDF au cours des 8 prochaines
années et de 3 milliards d'ici à 2040, indique le rapport.
Il souligne enfin qu'Areva a la capacité de produire deux
EPR par an.
(Chine Labbé, Muriel Boselli et Karolin Schaps, édité par
Gérard Bon)
Valeurs citées dans l'article :
AREVA,
EDF