BioMérieux est l'une des rares sociétés qui a publié un chiffre d'affaires trimestriel ce matin à recevoir un accueil négatif des investisseurs. Le repli de 2,45% à 67,70 euros doit toutefois être nuancé car BioMérieux culminait hier à 69,4 euros, son plus haut niveau depuis fin février. Il enchainait alors sa cinquième séance consécutive de hausse. De plus, les dernières publications du groupe ont souvent été l'occasion pour les investisseurs de prendre des bénéfices alors que certains analystes, à l'instar de Jefferies qui le souligne régulièrement, jugent la valorisation "pleine".

Cette fois, cette problématique de la valorisation a pu d'autant mieux s'exprimer que le chiffre d'affaires dévoilé ce matin par BioMérieux est légèrement inférieur aux attentes. A 587 millions d'euros, il ressort 2% sous le consensus. Le spécialiste du diagnostic in vitro a subi des effets de changes plus défavorables que prévu, qui ont amputé son chiffre d'affaires de 52 millions d'euros. Invest Securities visait 33 millions.

Toutefois, en organique, BioMérieux garde le cap d'une forte croissance : à 12,5%, elle dépasse le consensus de 30 points de base. Ce début d'exercice 2018 n'a donc pas dérogé à la tradition qui veut que le premier trimestre soit particulièrement solide pour le groupe français car correspondant à la saison de la grippe. Ainsi, sur les trois premiers mois de l'année, BioMérieux a bénéficié du dynamisme de sa gamme spécialisée BioFire FilmArray : +47% à 130 millions d'euros. La bonne tenue de cette activité a permis à la division Biologie moléculaire de bondir en organique de 41,3% au premier trimestre.

Sur la base de cette solide entame, BioMérieux n'est pas revenu sur ses perspectives annuelles. Le sujet ne figure pas dans la publication de ce matin, signe que le groupe vise toujours une croissance organique de ses ventes comprise entre 8 et 9% en organique cette année. Pour Invest Securities, il est probable que la prévision annuelle soit relevée à +9/+10% "car le milieu de fourchette de la guidance actuelle implique une croissance organique moyenne sur les prochains trimestres de seulement +7,2%."

Jefferies et Oddo BHF se montrent prudents sur ce point, ne décelant pas forcément de dynamique suffisante pour justifier une révision haussière du consensus. Jefferies, par exemple, cible 8,5% de croissance organique cette année.