Aussi, dans un tel contexte, est-il frappant et ironique de constater que le consensus inquisitorial, démagogique pourfendeur des spéculateurs il y a quelques semaines encore, demeure actuellement étrangement muet sur l'actuelle infortune de ces derniers... Car à 750 cents, le blé a déjà perdu plus de 40 % depuis ses plus hauts de début d’année et affiche d’ores et déjà un recul de 15 % en 2008, soit l’une des trois plus fortes baisses de la classe d’actifs des matières premières...
En adoptant un peu de recul, force est de constater que les raisons d’une telle disgrâce sont multiples : en premier lieu, la reine des céréales paye tout simplement ses excès haussiers de début d'année, que nous n'avons d'ailleurs pas manqué de souligner à l'époque. Mais, surtout, la progressive reconstitution prudentielle des stocks des pays importateurs, la reprise des exportations des principaux pays producteurs (l’Ukraine notamment) et plus récemment encore, les perspectives d’une campagne 2008 franchement favorable ont considérablement rajouté à son - temporaire - discrédit.
En fait, l’exemple du blé témoigne parfaitement du fait que les cours des matières premières n’évoluent pas pour d’ésotériques arguments spéculatifs mais bien en raison de flagrants déséquilibres ponctuels du marché physique, amplifiés par des niveaux de stocks très bas (dans le cas du blé, ils sont au plus bas depuis 30 ans).
Au final, le vrai désert est bien plutôt celui, intellectuel, qui consiste désormais à accuser les spéculateurs de tous les maux. Il est vrai que c'est plus pratique que de reconnaître la faillite de tout un « modèle » agricole...
Les produits ABN AMRO| Isin | Mnémo | Type | Sous-jacent |
| FR0010304378 | 1001N | Certificat Open-end | Blé |
| FR0010371542 | 1171N | Certificat Open-end Quanto | Blé |