(Easybourse.com) Un commentaire sur les résultats que vous venez de publier ?
Ils sont conformes à nos attentes. Malgré un climat de consommation toujours morose en Europe de l'ouest, nous avons réussi à stabiliser notre chiffre d'affaires, tout en améliorant la rentabilité nette.
Mais il ne faut pas oublier de considérer les charges de restructuration et de réorganisation que nous avons supportées cette année, de l'ordre de 5 M€, et dont les effets positifs se feront sentir dans les années à venir.
Autre fait marquant, le développement de nos activités dans la zone non euro, avec une profitabilité excellente.
Quels sont les objectifs du groupe pour l'exercice 2006/2007 ?
Compte tenu de la reprise qui semble apparaître en Europe de l'ouest, de la poursuite de notre développement international et des effets positifs de notre plan de restructuration, nous anticipons un exercice dont le chiffre d'affaires à périmètre constant augmentera d'environ 5%, pour un résultat opérationnel devant se situer entre 73 et 75 M€, soit une progression de 7 à 10%.
Envisagez-vous d'autres opérations de restructuration, réorganisation ou fermeture d'usines d'ici à la fin de l'année ?
Notre plan « David et Goliath » de réduction des coûts et d'augmentation de l'efficacité se poursuit, notamment par la mise en place de Centres de Services Partagés dans l'ensemble des pays où opèrent plusieurs filiales du groupe.
Sur cet exercice, ce seront l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie qui verront ainsi leurs activités administratives et financières regroupées.
Au plan industriel, il n'est pas prévu de réorganisation majeure, même si l'adaptation permanente de notre outil de production demeure une priorité, afin d'en assurer la compétitivité.
Quelle est la stratégie mise en place par le groupe pour faire face aux difficultés rencontrées sur le marché européen et «reconquérir» le marché français ?
La crise que nous venons de traverser a favorisé le déploiement du hard discount, puis des marques de distributeurs. Avec la reprise et la loi « Dutreil » en France, ce phénomène semble stabilisé. Notre politique sera donc consacrée au développement de nos marques sur les différents marchés et pays, par un marketing plus orienté sur les vertus nutritionnelles de nos produits et un soutien publicitaire renforcé.
Ceci bien entendu sans oublier d'adapter notre activité aux marques de nos clients, en leur proposant un service reposant sur une approche catégorielle de leur linéaire.
A combien évaluez-vous la sensibilité des résultats de votre société aux variations de la parité euro/dollar ?
Nous sommes plus concernés par la parité Forint Hongrois et Zloty polonais/$ que par la parité €/$. Nous produisons en effet dans ces monnaies en Hongrie et en Pologne, pour vendre essentiellement en $, notamment en Russie.
Si ces monnaies sont encore pour l'instant surévaluées, les tendances récentes montrent qu'elles ont tendance à se déprécier, ce qui va dans le bon sens pour nos activités.
Quels sont les projets de développement à l'international du groupe, et notamment aux Etats-Unis ?
Comme vous le savez, nous prendrons le contrôle en été 2007 d'Aliments Carrière, leader canadien du légume de conserve et surgelé.
C'est une très belle entreprise, bien gérée, qui compte 7 usines au Canada et réalise 30% de ses ventes aux Etats-Unis.
De nombreuses synergies existent entre les deux entreprises, notamment la possibilité de développer un business Outre-atlantique de produits à valeur ajoutée, savoir faire incontestable de Bonduelle.
Comment le groupe entend-il faire face à la pression concurrentielle accrue des produits de premier prix et des marques de distributeur ?
Comme je l'évoquais tout à l'heure, la reprise semble s'accompagner d'un fléchissement de leur développement, au profit des marques nationales, en particulier en France où la loi Dutreil rend ces dernières plus compétitives.
Le renforcement de notre politique de marque, axée sur l'innovation et la nutrition sera le principal outil de différenciation permettant à Bonduelle de développer ses positions.
Il ne faut pas non plus oublier que nous sommes aussi fournisseurs de marques clients.
Envisagez-vous de commercialiser de nouvelles gammes de produits à court et moyen termes ?
L'innovation a toujours été au cœur de notre stratégie. Nous continuerons à mettre sur le marché de nouveaux produits, tout en capitalisant sur le succès des innovations majeures réalisées telles que les Tetra Recart ou les « sachets fraîcheur » dont le succès se confirme chaque jour.
Bonduelle est spécialisé dans les légumes. Pensez-vous que le groupe évoluera un jour vers un autre produit ?
Le juge de paix en la matière est le consommateur, et la légitimité qu'il accorde à la marque d'être présente ou non sur certains produits. Nous venons par exemple de lancer en France des plats cuisinés de légumes, avec 20% de protéines animales (poulet et saumon), nous positionnant ainsi en toute légitimité sur le marché des plats cuisinés surgelés dont nous étions absents jusqu'alors.
D'autre part, si la marque Bonduelle demeure positionnée légumes, le groupe ne s'interdit pas, avec des marques légitimes pour cela, de s'intéresser à d'autres marchés : c'est le cas en Espagne par exemple avec notre marque Salto de Frudesa qui commercialise entre autre du poisson.
Propos recueillis par C.P.
- 13 Octobre 2006 - Copyright © 2006 www.easybourse.com