Ceci étant posé, la thèse imputant à la sphère financière la responsabilité de l'envolée du pétrole ne résiste pas bien longtemps à une analyse objective : certes, les fonds gérés par les fonds indiciels de matières premières ont été multipliés par 5 en cinq ans, mais ils représentent tout au plus 250 milliards de dollars (repartis sur une trentaine de commodities) alors que la production globale du seul pétrole dépasse désormais les 4 500 milliards de dollars !
Quant à la position ouverte des operateurs « non commerciaux » sur les marchés à terme du pétrole, elle a été divisée par 5 depuis le début de l'année, renouant avec des niveaux inédits depuis deux ans...
Soit dit en passant, ceci signifie implicitement que nombre de hedge funds sont en réalité vendeurs à découvert sur le pétrole ; et l'on peut très sérieusement se demander ce que vaudrait le baril s'ils n'étaient pas là...
Mais, et c'est sans doute là le cœur du problème, la spéculation n'est pas que financière, loin s'en faut, et le fait que Gazprom clame désormais sur tous les toits que le baril se dirige vers les 250 dollars est à cet égard éminemment symptomatique...
Au fond, ceux qui achètent frénétiquement le pétrole aujourd'hui (compagnies aériennes, services aux collectivités, industrie lourde, etc.) sont ceux-là même qui le vendaient avec enthousiasme à 80 dollars... Et, de même qu'ils avaient tort de le vendre l'année dernière, sans doute ont-ils tort de s'emballer aujourd'hui dans l'autre sens ; mais la technostructure globale est peut-être simplement à l'image du football français : on ne change pas une équipe qui perd...
Les produits ABN AMRO| Isin | Mnémo | Type | Sous-jacent |
| FR0010307439 | 1008N | Certificat Open-end | Brent |
| FR0010371534 | 1170N | Certificat Open-end Quanto | Brent |