CASINO GUICHARD : Le fruit d'un long travail
Place de Cotation :NYSE Euronext Paris
Métiers : Grande Distribution
Marché, Positionnement :Parmi les 1ers français
Forces :Diversité et complémentarité de l’offre, travail de fond entrepris depuis longtemps
Faiblesses :Taille modeste, difficultés dans le hard discount
Raisons de la Recommandation :
La course à la taille n’est pas une fin en soi, seule la rentabilité compte ; et cette dernière dépend de la stratégie menée, avec une vision de long terme ; dans ce sens, le modèle de Casino est révélateur. Voici quelques années, la communauté financière reprochait au distributeur stéphanois sa faible présence dans les hypers, leur faible rentabilité, et sa taille trop modeste. Les comparaisons avec Carrefour ne lui étaient pas favorables. Mais avec le recul, sur dix ans, la différence commence à apparaître, en faveur de Casino. Sur un plan boursier les chiffres se passent de commentaires : au tournant du siècle le cours de Casino était de 112 € pour 67 maintenant, celui de Carrefour était de 91 €, pour 30 actuellement. Sans qu’il n’y ait eu de division du nominal.
En observant le travail effectué par le management de Casino depuis cinq ou six ans l’on s’aperçoit qu’une stratégie de long terme a été entreprise et appliqué avec méthode, elle porte ses fruits maintenant. En premier lieu, les cessions d’actifs puis la valorisation de l’immobilier ont permis de redresser une structure financière un peu lourde ; rappelons que la filiale immobilière Mercialys a été introduite en bourse en 2005, alors que Carrefour va essayer de faire coter la sienne seulement maintenant. Puis l’international a été repositionné, le redressement des deux filiales de Discount Franprix et Leader Price a été entrepris avec une reprise en main du management opérationnel par les équipes de Casino. Le choix de la diversité des formats des magasins a été amplifié et s’est avéré être un atout qui permet à la société de proposer du « sur mesure » à ses clients. Le changement de comportement des consommateurs, amplifié et accéléré par la crise, et la baisse du pouvoir d’achat, confirment son bien-fondé. Une population plus âgée, plus urbanisée, des foyers familiaux moins nombreux, sont autant de tendances lourdes dont le groupe a su profiter, au détriment de la grande distribution de masse. Toutefois, pour être complets, notons que l’impact de la crise s’est quand même fait sentir dans les comptes de la société en 2009, et nous avions dit ici notre déception.
Mais les chiffres publiés pour 2010 confirment qu’après cinq ans d’efforts, les résultats arrivent : le chiffre d’affaires a progressé de près de 9 % à 29 Md€, le résultat opérationnel courant de 7,5 % à 1,3 Md€, et si le bénéfice net baisse de 7 % en publié à 550 m€ contre 591, c’est essentiellement sous l’effet d’une moindre contribution des activités cédées ; celui des activités poursuivies progresse de 3 %. Par ailleurs, la dette s’est réduite comparée à travers les ratios de covenants, et un dividende de 2,78 €, augmenté de 5%, sera proposé. Dans le détail, la France reste toujours à la traîne avec une plus faible progression de l’activité (+ 1,7 % à 18 Md€) et un résultat opérationnel en retrait (769 m€) en raison d’investissements importants chez Leader Price et Géant. Mais c’est l’international qui réalise la meilleure performance, avec une progression des ventes de 22 % à 11 Md€ et surtout une amélioration de 30 % du résultat opérationnel, à 530 m€.
Ce qui retient surtout l’attention, c’est le volontarisme du groupe qui semble vouloir accélérer sa transformation, maintenant que les premiers résultats arrivent. Il compte en premier lieu tirer avantage de son positionnement sur les pays émergents où il est implanté, Brésil, Thaïlande et Vietnam notamment, avec le désir d’arriver assez vite à une parité de 50 / 50 entre France et International, contre 38 % pour cette région en 2010. Il entend également continuer à étendre le nombre de magasins de proximité (Franprix et Monoprix) et poursuivre la politique actuelle chez Leader Price qui consiste à proposer des marques nationales dans ses magasins. Il espère obtenir de cette stratégie une croissance d’au moins 10 % par an pendant les trois prochaines années, mais continuera par ailleurs à procéder à des cessions d’actifs, estimées à 700 m€ cette année après 1 Md en 2009 et 2010.
Objectifs de cours:
Evidemment ces chiffres et cette ambition ont été salués en bourse, mais avec retard en raison de la catastrophe au Japon survenue alors ; le consensus est redevenu plus positif sur le groupe, d’autant que les chiffres communiqués pour le premier trimestre confirment que la croissance sera au rendez-vous cette année ; le chiffre d’affaires, tiré par les acquisitions récentes et la croissance soutenue à l’international, a avancé de 19 % sur les trois premiers mois, à 7,85 Md€. A 67 €, le cours capitalise 12,6 fois le bénéfice estimé pour l’exercice, et 11 fois celui de l’an prochain. Le rendement du dividende ressort à 4,15 %, et le chiffre d’affaire est valorisé 0,26 fois, un ratio modéré pour le secteur. Sur un plan technique, le groupe pourrait tirer avantage des difficultés auxquelles Carrefour est pour l’instant confronté, et voir des investisseurs arbitrer en sa faveur. Au printemps 2008, avant la crise, le cours était de 83 € environ ; si les chiffres à venir confirment bien l’accélération espérée, il pourrait être retrouvé dans les douze à dix huit mois. Un investisseur de moyen terme peut mettre la valeur en portefeuille, tout en sachant que le secteur n’est pas le plus dynamique.Marc Bouche Copyright (c) 2012 Zonebourse.com / Combho SAS
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Valorisation |
2012e |
2013e |
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PER (Cours / BNA)
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10,5x |
9,77x |
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Capitalisation / CA
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0,20x |
0,18x |
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Valeur Entreprise / CA
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0,33x |
0,30x |
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Valeur Entreprise / EBITDA
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4,84x |
4,34x |
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Rendement (DPA / Cours)
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4,80% |
5,43% |
| Profitabilité |
2012e |
2013e |
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Marge d'exploitation (EBIT / CA)
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4,55% |
4,70% |
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Levier opérationnel (Delta EBIT / Delta CA)
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1,10x |
1,36x |
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Marge Nette (RN / CA)
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1,81% |
1,74% |
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ROA (RN / Total Actif)
|
6,40% |
4,50% |
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ROE (RN / Capitaux Propres)
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8,44% |
9,07% |
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Ratio Versement Dividende
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50,4% |
53,1% |
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