| Un autre exemple à méditer, hélas |
|
30/06/2008 | 11:50 |
|
Place de Cotation : NYSE Euronext Paris
Métiers : Soins cosmétiques
Marché, Positionnement : 25% de parts de marché en France, 16% en Europe
Forces : Une marque mondiale, situation financière saine
Faiblesses : Peu implantée aux USA, choix stratégiques à faire
Raisons de la Recommandation :
Notre analyse sur Clarins du 6 mai dernier soulignait que la famille fondatrice propriétaire de 65% du capital affirmait ne pas avoir l’intention de vendre sa société, mais que le marché ne l’écoutait pas, qui bruissait épisodiquement de rumeurs de rapprochements ou de rachats.
Depuis vendredi nous avons non seulement la confirmation de cette intention, mais en plus la famille nous informe qu’elle a décidé de reprendre la main sur la totalité du capital, et va proposer une offre publique d’achat aux minoritaires. Elle quitte la bourse.
Cette annonce nous paraît devoir être méditée, car elle est intéressante à plus d’un titre, et elle vient à la suite de notre publication sur IPSEN de ces jours derniers qui mettait l’accent sur les stratégies industrielles familiales.
A ne pas vouloir regarder le côté industriel, de long terme, le marché finit par déconnecter les valeurs boursières des entreprises de leur valeur industrielle ; or, ce sont elles que les familles actionnaires considèrent comme représentatives, et elles ont raison. Ce sont d’ailleurs les termes mêmes du communiqué publié par la société : « la mise en œuvre de cette stratégie entraîne des dépenses….de nature à peser sur les marges d’exploitation et la rentabilité du groupe ».
Avec des conséquences graves pour l’entreprise, puisque le communiqué précise encore : « de nombreuses rumeurs ont fortement perturbé le cours de bourse de la société et déstabilisé ses salariés, clients et fournisseurs ». Le message est on ne peut plus clair, et il pourrait tout aussi bien être repris par Carrefour qui vient de subir une désaffection particulièrement sévère ces derniers jours.
A trop considérer que les actions cotées ne sont que des véhicules destinés à réaliser des écarts au seul profit de ceux qui les initient (encore que les résultats des banques ces derniers mois pour leurs comptes propres sont tout sauf positifs !) les opérateurs oublient trop souvent que ce sont les entreprises qui créent les richesses, mais pas d’un simple claquement de doigt : il faut du temps pour mettre en place une stratégie et qu’elle porte ses fruits.
Avec ce type de comportement, les opérateurs prennent le risque de détourner des marchés pour longtemps des entreprises qui auraient l’intention de s’y présenter ; il suffit de voir en Allemagne le nombre de très belles affaires mondiales qui restent à l’abri des soubresauts boursiers dans les mains des familles ou des fondations qui les gèrent. Quelques exemples français célèbres pourraient aussi être cités.
Ils peuvent également donner de bonnes raisons aux actionnaires de sociétés cotées actuellement sous évaluées de suivre l’exemple de la famille Courtin Clarins, et la liste est longue de valeurs dans cette situation. En fin de compte, en période de faible nombre d’introduction, ce n’est pas vraiment le moment de faire partir les entreprises qui trouvent leurs valorisations injustifiées.
Mais la finance mondiale est devenue tellement « court-termiste » qu’elle ne voit pas plus loin que le bout de son nez - voir les dégâts économiques provoqués par la titrisation –et qu’elle doit s’attendre à en payer le prix un jour : there is no free lunch disent nos amis anglo-saxons !
Objectifs de cours :
Pour en revenir à Clarins, nous regretterons son départ, car il a toutes les chances d’être effectif, une fois les autorisations obtenues. Certes la société est dans une période où elle doit se renouveler, ce qu’elle semble avoir commencé de faire, et le chemin est sans doute encore long avant qu’elle en bénéficie, mais les générations familiales ne raisonnent pas en trimestres.
Les actionnaires fidèles à la société pourront se consoler en apportant leurs titres à une offre qui paraît généreuse par les temps actuels, mais qui est sans doute bien inférieure à ce qu’aurait pu valoir l’entreprise dans deux ou quatre ans.
Dommage.
|
|
>> Accédez au Portefeuille Investisseur France géré en temps réel
|
Marc Bouche Copyright (c) 2008 Zonebourse.com / Combho SAS |
Avertissement : Les analyses réalisées par la société Surperformance, éditrice du site zonebourse.com, n'ont aucune valeur contractuelle et ne constituent en aucun cas une offre de vente ou une sollicitation d'achat de valeurs mobilières ou autre produit financier. La responsabilité de la société Surperformance ainsi que ses dirigeants et salariés ne saurait être engagée en cas d'erreur, d'omission ou d'investissement inopportun.
Les informations, graphiques, chiffres, opinons ou commentaires rédigés par les équipes de rédaction de Surperformance éditrice du site zonebourse.com s‘adressent à des investisseurs disposant des connaissances et expériences nécessaires pour comprendre et apprécier les informations qui y sont développées. Ces dernières sont diffusées à titre purement indicatif, Surperformance ne peut en garantir l’exactitude ou la fiabilité.
|
|