(Easybourse.com) Quel métier rêviez-vous d'exercer étant jeune ?
Professeur, puis professeur d'économie.
Qu'est-ce qui vous a incité à devenir économiste ?
J'étais en troisième année à HEC. En école de commerce, quand il s'agit d'économie, on ne vous donne que les ajustements, et moi j'avais envie de comprendre les causes. La compréhension de l'économie passe par la mise en place d'hypothèses, la simplicité étant une nécessité pour, par la suite, étendre le modèle et compliquer les choses.
Quelles sont les qualités requises pour devenir économiste ?
Il faut avant tout être éclectique et s'intéresser tout autant à la macro, aux comportements des individus et des entreprises qu'à l'histoire ou la géopolitique. Et puis, il faut être ouvert au changement et ne pas partir du principe que l'histoire se répète. Quant aux mathématiques, évidemment qu'il faut être bon. Comme dans toute science d'ailleurs. De l'économie sans les maths, c'est comme faire de la physique littéraire.
De quelle étude êtes-vous le plus fier ?
D'une présentation des " gazelles ", c'est-à-dire des PME qui connaissent une croissance très rapide, devant le Conseil d'analyse économique. C'est de l'économie appliquée.
Quelle est votre principale satisfaction ?
Il n'y a pas une journée qui se ressemble. J'analyse, j'explique, je mets en place des sujets de discussion pour ensuite réfléchir le week-end chez moi. Je m'intéresse autant à la finance, qu'à la crise énergétique ou au problème de malnutrition dans le monde. J'écris des livres, des articles, j'accorde des interviews, je donne des conférences, cinq à dix par semaine. C'est très intéressant, on rencontre des gens. On adapte ses explications en fonction du public. Simplifier, c'est trouver ce qui est essentiel. C'est comme dans le film d'Antonioni, " Blow Up ". Avec trop de généralité, on ne saisit pas tout, avec trop de détails, on est perdu.
Vos revenus correspondent-ils à ce que vous attendiez ?
Oui. Mais, en réalité, je ne regarde pas mes comptes pour des raisons déontologiques. Je fais partie de ces gens qui sont des initiés permanents. Alors, je suis géré.
Quel est votre dernier " coup de folie " en matière de dépenses ?
Une statut en bronze.
Lisez-vous beaucoup la presse ?
On est bon si on est bien informé, mais je lis surtout la presse sur Internet. Et sinon, je suis en permanence informé des sentiments des analystes et je reçois des flux spécialisés. Le matin, je lis un peu les journaux, pas pour les infos fraîches qui sont déjà périmées pour moi, mais pour les analyses et les enquêtes de terrain. J'achète du temps d'analyse en somme. Vous allez rire, mais j'aime les papiers de " Paris-Match ". J'aime aussi, mais c'est plus commun, les analyses de " The Economist ".
Quel conseil donneriez-vous aux nombreux prétendants à un poste d'économiste ?
Qu'ils parlent anglais. Il faut savoir s'exprimer dans une réunion internationale, sinon vous n'êtes pas bien. C'est là-dessus que vous êtes jugés. Les Français ont un handicap linguistique.
Quels sont les pièges à éviter ?
Ne pas vouloir avoir raison à tout prix. Il faut savoir dire que l'on s'est trompé.
- 31 Mai 2006 - Copyright © 2006 www.easybourse.com