CREDIT AGRICOLE : Au-delà de la Grèce
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Analyse du 20/06/2011 | 09:14
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Eligible au PEA / SRD : OUI / OUI EURONEXT PARIS Banques |
Nous avions considéré en mars 2010 que le pire de la crise des actifs toxiques était passé pour la banque et que l’on pouvait alors en devenir actionnaire ; de ce point de vue c’était vrai, mais c’était sans compter sur les conséquences de la situation en Grèce, qui n’en finissent pas de ne pas se résoudre. Le cours de l’action était de 13 €, il se retrouve à nouveau autour de 10 € actuellement, faisant l’objet d’une défiance persistante, comme ceux de la plupart des financières d’ailleurs.
Ce n’est pas tant l’exposition de la banque aux dettes de l’Etat grec qui fait peur - elle est exposée à hauteur de 600 m€ seulement, bien moins que ses deux consœurs françaises, et notamment BNP Paribas avec 5 Md€ - que son exposition indirecte à travers sa participation dans la banque Emporiki, exposition chiffrée à 22 Md€ par son directeur général ; c’est la raison pour laquelle l’agence de notation Standard & Poors (S&P) a abaissé récemment ses notes de crédit à court et long terme, respectivement à A1 (vs A1+) et à AA- (vs A+) ; Emporiki est en effet directement impliquée dans la situation économique du pays, par les crédits accordés aux agents économiques, dont certains sont en mauvaise posture du fait de la récession, ce qui devrait rendre douteuses un grand nombre de créances détenues par cette filiale ; par contrecoup, cette dernière aurait des besoins de financements à assurer, que l’actionnaire majoritaire, Crédit Agricole, devra satisfaire. C’est probablement pour traiter ce problème plus franchement, en interne, que la banque a déposé une offre d’achat sur le solde du capital de sa filiale, soit 4 %, qui viendront s‘ajouter aux 91 % déjà détenus et aux 5 % de l’autre actionnaire avec lequel elle agit de concert.
Il faut cependant noter que S&P a maintenu ses perspectives stables pour le groupe en raison de ses bonnes performances dans son métier et sa capacité à dégager des bénéfices d’une taille suffisante pour lui permettre de faire face à ses engagements.
Ce dernier point est le plus important, car avec les rumeurs de marchés et les fortes variations des cours, l’on a tendance à perdre de vue l’essentiel, c'est-à-dire la capacité retrouvée par le groupe à dégager des bénéfices. En effet, après un grand nettoyage des comptes opéré l’an dernier, le nouveau plan présenté récemment, et les risques d’augmentation de capital nés des exigences de « Bâle 3 » qui ont été écartés depuis que les caisses régionales ont accepté de pérenniser le système d’avances qu’elles avaient consenti à leur filiale, le socle sur lequel repose la banque est désormais solide, puisqu’il lui permet de se focaliser principalement sur la croissance interne.
Le plan présenté en mars vise à porter le bénéfice de Crédit Agricole SA (CASA) des 3,6 Md€ de 2010 entre 9 et 10 Md en 2014, soit plus d’un doublement. Il passe essentiellement par la croissance organique, avec le retour de la « banque universelle de proximité », l’ouverture d’un grand nombre d’agences, visant à conquérir 3 millions de clients d’ici 2014. Ce plan a pu paraître peu ambitieux à certains, mais, après les aventures de ces dernières années, il parait en effet plus sage de se recentrer sur le cœur du métier, celui qui a fait la force de la banque depuis quarante ans. La proximité, la bancassurance, la gestion d’actifs, ou encore le crédit, redeviennent ses priorités. Et pour être certain de mener à bien ce projet, c’est tout le groupe qui est passé en revue, y compris la gouvernance des Caisses Régionales et de la Fédération Nationale.
Objectifs de cours:
Les marchés on tendance à se focaliser sur le court terme et à perdre de vue l’essentiel, c'est-à-dire la stratégie à moyen terme. Celle de Crédit Agricole nous semble recevable, sa taille, ses actionnaires, son maillage du territoire nous paraissent de nature à lui permettre de réussir. D’autant que la rectification du périmètre se poursuit, comme on vient de le voir avec l’entrée du chinois Citic dans ses branches de courtage asiatique et européenne. Le premier trimestre a vu le produit net bancaire avancer de 9,2 %, le résultat brut d'exploitation de 21 % et le bénéfice net doubler à 1 Md€, en même temps que le coût du risque poursuivait son repli. Le premier semestre a de bonnes chances d’être de la même veine, puis l’exercice dans son ensemble, sauf catastrophe mondiale évidemment.
La situation de la filiale grecque nous parait tout à fait gérable, et de toute manière son poids n’est pas astronomique dans les comptes du groupe, même si l’ardoise finit par être salée. Aussi renouvelons-nous notre avis de l’an dernier, à savoir que l’action (10 €) peut être mise en portefeuille ; à ce prix elle vaut seulement un peu plus de la moitié des fonds propres, le consensus attend pour l’exercice un bénéfice par action de 1,65 € et autour de 2,10 € pour l’an prochain, ce qui donne au cours un bel effet de levier. Alors arrêtons de regarder le très court terme, Emporiki ne représente que 2 % des encours de crédit du groupe dans le monde, concentrons-nous sur le fondamental.Marc Bouche Copyright (c) 2012 Zonebourse.com / Combho SAS
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| Profitabilité |
2012e |
2013e |
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Marge d'exploitation (EBIT / CA)
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34,0% |
31,5% |
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Levier opérationnel (Delta EBIT / Delta CA)
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-1,87x |
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Marge Nette (RN / CA)
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10,2% |
13,9% |
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ROA (RN / Total Actif)
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0,12% |
0,17% |
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ROE (RN / Capitaux Propres)
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4,75% |
5,85% |
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Ratio Versement Dividende
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26,6% |
28,6% |
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