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Lettre ouverte à M. RIBOUD
Lette ouverte à M. Franck RIBOUD, PDG de DANONE.
On croit suivre une entreprise et on suit une famille, comme les Bouygues, Lagardère …
DANONE, c’est d’abord l’histoire d’un jeune Sup de Co sans fortune qui dans les années 50 devient Directeur d’une médiocre verrerie industrielle lyonnaise. Antoine RIBOUD à du talent, il fusionne avec une autre verrerie, rachète St Gobain puis progressivement quelques gros clients : Evian, Kronenbourg, Gervais-Danone, Volvic…
Vite il revend la verrerie, pas assez rentable, puis converti l’ensemble en géant de l’agroalimentaire. Antoine meut en 2002 non sans avoir passé dès 1996 le flambeau à son fils franck puisque chacun sait que l’art du management est génétique.
A 40 ans, Franck RIBOUD, jeune ingénieur suisse chausse donc les grandes bottes de papa et va donner en 15 ans ou presque un nouveau visage à ce groupe. Son concept, c’est le « mécaliment », l’art de soigner la terre entière par l’alimentation. Belle idée quoiqu’ assez hasardeuse. Cette coloration « santé » vient en effet de se traduire, dans les comptes de 2009 par un litige réglé à l’amiable aux USA (Canada à suivre ?) de 35 millions de $ quant aux fausses vertus des yaourts ACTIVEL et DANACTIVE, ce qui n’est rien à côté de l’incroyable plantage de DANONE en Chine : son « partenaire » WAHAHA semble avoir cuisiné sauce soja le petit franco-suisse en devoir de constater une moins value de 98 millions d’€ qui figure discrètement page 37 du rapport 2009 ; en clair, le groupe Danone a subventionné américains et chinois par philanthropisme européen.
Défauts de jeunesse ? Hélas c’est la déprime. Stagnation, Obstination, Désaffection.
Stagnation : Un chiffre d’affaires et surtout un résultat net stagnant depuis 5 ans et « des perspectives difficiles » de l’aveu même de M. RIBOUD Junior.
Obstination : En prétendant recentrer DANONE (cession de nombreuses activités très sûres et rentables comme les brasseries) sur les nouveaux métiers, le groupe à perdu une large partie de sa visibilité. De grands efforts très coûteux ont été consentis en recherches développements ou en acquisitions surpayées, sans grands succès. Le « manger sain » (à plus cher) dans une période ou ceux qui sont sensibles à l’argument n’en ont plus les moyens, dans une période ou ceux plus lointains qui en ont les moyens découvrent Mac Donald, est ce être en phase avec son époque ?
Désaffection , du moins quant aux métiers de base. Est il honteux de vendre des yaourts ? Les produits laitiers (57% du CA) et les eaux minérales (19%) forment les ¾ du CA et il est bien dommage que le rapport annuel ne propose pas de connaître les marges nettes/ activité (normalement obligatoire) mais ma conviction est que les 25 % restant ne dégagent pas grand-chose… Il est peut être frustrant pour un prophète de la « nutrition médicale » de dépendre de produits « basiques » mais DANONE n’est plus une start-up, M. RIBOUD !
Je pourrais suivre l’idée que cette stratégie sera très pertinente dans 15 ans ( entretemps, les actionnaires, merci de patienter) si dans le même temps la gouvernance se pliait a cette stratégie d’efforts partagés. Mais je note l’augmentation de 20 % des jetons de présence aux administrateurs -600 K€ contre 500 K€ en 2008- , la rémunération du PDG de 2,56 M€ soit 7 € par tranche de 10.000 euros de ventes, le plan de retraite « dirigeants administrateurs » passé à 50 millions d’€ ( !) sans parler de certaines filiales (alfabanque, Calvon Singapour, Stonyeld, Danone ré…) qui sont autant de tirelires bien peu transparentes.
Ou est alors la cohérence de ce projet long terme pour DANONE dont le capital est détenu à 80 % par le public, qui régresse tant en activités qu’en résultats, dont le hors bilan atteint 7 660 millions d’ € ( !) et dont le bénéfice net par action est passé de 4, 09 € en 2005 à 0,90 € en 2009 ?
Personnellement, je ne soutiendrais aucun projet des résolutions de l’assemblée générale du 22 avril 2010. Je voulais, Mr Franck RIBOUD, vous en indiquer les raisons.
Veuillez néanmoins agréer mes parfaites salutations.
Clairviel.
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