
L'avenir de l'avionneur européen Airbus et de son concurrent américain Boeing est bien sombre, à en croire le Wall Street Journal du jour.
Le quotidien estime que les effets de la flambée des cours du brut, qui entraîne mécaniquement une hausse du prix du carburant, devrait prochainement avoir des effets dévastateurs sur les carnets de commande des deux constructeurs.
En effet, l'économie du secteur traverse une crise intense, particulièrement dure pour les compagnies aériennes. Un passage à vide qui explique les faillites des plus petits acteurs du secteur, et le mouvement de concentration actuel.
Les compagnies prennent des mesures d'urgence pour survivre, comme le fait de ne plus utiliser les avions les plus gourmands en carburant, ou encore de vendre des appareils à des compagnies de leasing pour débloquer du cash, avant de louer ceux-ci au mois.
Si aujourd'hui les carnets de commande d'Airbus et de Boeing sont bien remplis, avec près de 7 000 commandes pour de nouveaux appareils plus économes en carburant, le Wall Street Journal cite un analyste selon qui 25 à 30% des commandes pourraient être annulées si les cours du brut poursuivent leur hausse.
Une proportion qui correspond environ au nombre d'avions qui doivent venir enrichir les flottes existantes, plutôt que remplacer des appareils vieillissants.
Airbus et Boeing, selon le WSJ, reconnaissent d'ailleurs recevoir quotidiennement des appels de compagnies aériennes cherchant à annuler ou à retarder les livraisons. Si la plupart d'entre elles sont basées aux USA, des signes d'inquiétude commenceraient à poindre en Europe et en Inde.
Antoine Pietri