Prié de dire s'il souhaitait un rapprochement entre les deux groupes, Henri Proglio a déclaré sur Europe 1: "Absolument, au moins industriellement, cela fait plein de sens. Est-ce qu'il est absurde aujourd'hui de constituer la filière du post-Copenhague, la proposition d'actions qui répond à l'ensemble des ambitions du monde du XXIe siècle?"
Henri Proglio a cependant de nouveau écarté de fusionner EDF et Veolia, le numéro un mondial des services à l'environnement, dont il conserve la présidence non exécutive alors qu'il en était jusqu'ici le P-DG.
Interrogé sur les actions qui seront mises en oeuvre pour améliorer la disponibilité du parc nucléaire d'EDF en France, Henri Proglio a déclaré: "Nous allons faire en sorte que l'on ait moins de réacteurs en maintenance et en arrêt qu'actuellement, et donc faire en sorte que le parc soit plus efficace. C'est une réalité nécessaire et c'est une priorité."
Prié de dire si les tarifs de l'électricité en France n'auraient pas à augmenter si le parc nucléaire fonctionnait correctement, le nouveau P-DG d'EDF a dit: "Les tarifs auront de toute façon à évoluer, au moins bien entendu si le parc fonctionne."
Son prédécesseur, Pierre Gadonneix, avait évoqué au début juillet la nécessité d'une hausse de 20% des tarifs de l'électricité en France sur trois ans, en mettant en avant les importants besoins d'investissements du groupe public.
"Je ne sais même pas s'il faut les augmenter. J'aurai la réponse quand j'aurai une équation plus claire des conditions dans lesquelles cet outil qu'est la production française va être exploité", a déclaré pour sa part Henri Proglio.
Le Premier ministre François Fillon et la ministre de l'Economie Christine Lagarde se rendent en fin de matinée sur le chantier du réacteur nucléaire de nouvelle génération EPR à Flamanville (Manche), en compagnie des dirigeants d'EDF et d'Areva.
Henri Proglio a confirmé sur Europe 1 que ce réacteur devrait commencer à produire de l'électricité en 2013.
POUR UNE "ÉQUIPE DE FRANCE UNIE"
Evoquant l'appel d'offres pour la construction de plusieurs réacteurs nucléaires à Abou Dhabi, il a déclaré: "Je crois que l'équipe de France a vocation à être unie, coordonnée."
EDF pourrait endosser un rôle de chef de file des groupes français qui essaient de remporter un contrat de plusieurs réacteurs nucléaires à Abou Dhabi, rapporte jeudi le quotidien Les Echos.
Le consortium regroupant Areva, GDF Suez et Total - avec le soutien d'EDF - semblait le mieux placé il y a quelques mois pour décrocher ce contrat estimé à 40 milliards de dollars.
Mais une certaine dispersion des acteurs du consortium, le prix proposé et les difficultés rencontrées sur les chantiers des réacteurs de nouvelle génération EPR de Flamanville et d'OL3, en Finlande, pourraient avoir compromis ses chances, estiment certains observateurs.
Interrogé sur une éventuelle privatisation d'EDF, détenu à 85% par l'Etat français, Henri Proglio a déclaré sur Europe 1: "Ce n'est ni ma vocation, ni mon intention. Ni aujourd'hui, ni demain, ni après-demain."
Le nouveau patron d'EDF a par ailleurs déclaré au Figaro qu'il excluait toute prise de participation de l'électricien public français dans certaines activités d'Areva, estimant que certains de ses propos avaient été mal interprétés.
Au Wall Street Journal, il a en outre dit qu'EDF disposait d'un cash flow suffisant pour financer un programme d'investissements nucléaires et de maintenance des réacteurs dans le monde pendant la prochaine décennie.
Selon le quotidien américain, Henri Proglio n'a toutefois pas écarté l'idée d'une augmentation de capital pour l'électricien public.
Benjamin Mallet, édité par Dominique Rodriguez
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