En ces temps de morosités boursières, les baisses conjuguées des différents marchés laissent penser qu'aucune valeur ne résiste à la crise. Cependant, une devise tire son épingle du jeu : le franc suisse.
Historiquement, le franc suisse est une des monnaies les plus stables au monde, c’est pourquoi il est perçu comme une valeur refuge : un investissement qui permet de surmonter les turbulences en période de crise ou de forte dépréciation des marchés et qui n'est pas sujet aux mêmes variations que le marché action par exemple. Donc, en cas de crise économique mondiale, les capitaux affluent vers le franc suisse en raison du degré élevé de confiance qu'il inspire.
La Suisse possède un système économique solide. Un compte courant positif et des réserves d'or suffisantes ont certes aidé à stabiliser les prix et à renforcer la valeur de la monnaie domestique, mais la force du franc suisse peut être directement attribuée à la politique monétaire conservatrice de la Banque Nationale Suisse. Celle-ci a toujours mené une politique anti-inflationniste d'inspiration monétariste dont se réjouit une grande partie de la population. Celle-ci n'a pas l'habitude de tolérer des déficits élevés et considère que les finances publiques doivent être équilibrées et gérées comme des budgets privés. En effet, la dette publique totale est estimée à 139.45 milliards de dollars, soit environ 53.8% du PIB. Cela fait de la Suisse l'un des pays les moins endettés du monde.
Le franc suisse se valorise donc lorsque le risque et la volatilité s'accroissent sur les marchés action, obligataire, etc... Cette tendance haussière a été initiée par le dénouement des carry-trades : les investisseurs s'endettaient dans des pays à faible taux d'intérêt (Suisse ou Japon en général) et plaçaient l'argent dans des pays à hauts taux d'intérêt. Mais vu la volatilité de cours boursiers actuels, les investisseurs ont été obligés de liquider leurs positions très rapidement. En conséquence le franc suisse s'est apprécié de près de 15% face au dollar américain (depuis avril), et de plus de 12% face à l'euro (depuis septembre) pour atteindre un niveau à 1.44 EUR, un sommet jamais atteint depuis six ans.
Pour conclure : aussi longtemps que les investisseurs craindront pour la sécurité de leurs actifs, quelle qu'en soit la raison, des fonds internationaux continueront à investir dans cette devise.
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