
On en perdrait presque son latin, ou du moins son français, à essayer de comprendre les déclarations du gouvernement.
Hier, le secrétaire d'Etat chargé de l'Industrie et de la Consommation, Luc Chatel, affirmait qu'il ne prévoyait pas «à ce jour» d'augmentation du prix du gaz.
Il disait également que le gouvernement préparait un nouveau mode de calcul des tarifs réglementés du gaz. «Un mode d'indexation plus moderne qui prend en compte les évolutions mondiales des cours par exemple» pour «que ce ne soit pas seulement le gouvernement qui décide, lui-même, du prix du gaz».
L'annonce d'un statu quo sur le prix du gaz avait calmé les esprits, quelque peu échauffés après la sortie de Jean-François Cirelli, le PDG de Gaz de France, sur le même sujet, mais avec une tout autre conclusion.
Pour ce dernier, en effet, malgré la progression globale de 10% depuis janvier 2008 de ces tarifs, il devient nécessaire de les augmenter encore, afin de pallier la flambée du pétrole. L'idée avait d'autant plus choqué, que le groupe fusionnée GDF Suez promis de verser un dividende de 1,8 milliard d'euros en tout…
De l'eau dans le gaz
Mais le gouvernement ayant tendance à changer de direction sitôt que le vent tourne, il n'est peut-être pas si étonnant d'entendre la ministre de l'Economie, en visite au centre de recherche du nouveau géant énergétique GDF Suez, évoquer elle aussi une possible hausse des tarifs du gaz.
Selon ses termes, il serait possible d'«ajuster» ce tarifs compte tenu des prix élevés du pétrole.
«Il est probable qu'on doive ajuster les tarifs [du gaz] compte tenu de l'évolution du coût de la matière [le pétrole], de la molécule de gaz, et du mode d'indexation», explique-t-elle, tout en soulignant que son ministère «réfléchissait à un meilleur mécanisme de tarification qui donne plus de visibilité à l'entreprise et plus de transparence pour les consommateurs.»
Façon d'admettre aussi, que le mode de calcul actuel n'est vraiment pas compréhensible pour le citoyen lambda, et laisse une large place à la suspicion.
Enfin, Christine Lagarde en a profité pour revenir sur les chiffres de l'inflation, indiquant cette dernière sera inférieur au record de juin (à 3,6%), «et peut-être un peu avant».
C.S. (avec agences)