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Suspension de cours après les fuites sur un rapport embarrassant pour le Skylander
Source: BinckBank
Geci International a confirmé à la mi-journée avoir demandé la suspension de son cours de bourse et de celui de sa filiale Geci Aviation, après “la diffusion d’informations confidentielles sur le financement du Programme Skylander”. Un timing salvateur pour les deux actions puisqu’elles évoluaient alors en légère hausse, ce qui n’aurait plus été le cas si elles avaient réagi à la divulgation par l’agence Reuters, peu après, d’un rapport d’experts commandé par les pouvoirs publics, qui conclut que le projet d’avion français est largement sous-financé dans son montage actuel et nécessiterait des dizaines de Millions d’Euros d’investissements supplémentaires. Le rapport place également l’Etat français dans une situation délicate puisqu’il pourrait encourir l’ire de Bruxelles s’il venait à investir davantage de fonds publics dans un projet privé dont la rentabilité économique n’est pas démontrée. La Commission européenne enquête déjà sur près de 50 ME accordés à Geci International par les pouvoirs publics, à travers notamment la région de Lorraine, Oseo et d’autres services de l’Etat, comme la Délégation générale à l’armement (DGA).
Selon le document, les experts estiment le coût total du projet à 306 ME, soit 70 ME de plus que prévu, et jugent le plan d’affaire bien trop optimiste tant en terme de marché potentiel que de cadence de production. Le Skylander est censé pouvoir transporter 19 passagers ou 2,7 tonnes de fret et être adapté pour des missions de surveillance ou de transport militaire. Il concurrencerait des appareils comme le Twin Ottet, le LET 410, le Cessna Caravan et des avions d’occasion comme le Beech1900.
Le rapport d’experts est positif sur la qualité technique du projet et le professionnalisme des ingénieurs mais souligne que la prévision de livraison de 1.500 avions sur 15 ans semble trop optimiste pour un marché délaissé par les constructeurs et sur lequel la location et l’occasion assurent une partie de la demande. Les experts estiment plus réaliste un programme de 1.000 appareils sur 20 ans, soit une cadence de 48 livraisons par an environ alors que la production moyenne d’avions de ce type n’excède en général pas 40 unités par an.
En outre, le rapport juge que Geci ne laisse aucune marge aux aléas propres au secteur aéronautique, comme d’éventuels retards de production, et ne prend pas en compte les nouvelles adaptations nécessaires au cours du cycle de vie de l’appareil. Il ajoute que le retour sur investissement ne sera atteint qu’à un horizon lointain. “Le passage du point mort s’effectue dans le cas de base en 2030, soit 15 ans après la certification/lancement de production”, juge le rapport. Pascale Sansonetti, la secrétaire générale de Geci International, a déclaré à Reuters vendredi: “La société communiquera très prochainement sur l’ensemble des discussions en cours. Les audits ne sont pas terminés, les discussions sont toujours en cours”.
Par ailleurs, les autorités publiques s’inquiètent aussi de la solidité du contrat signé entre Geci International et Aviamost, une société russe qui a signé un accord préalable pour l’acquisition de 40 Skylander avec une option de 260 avions supplémentaires. Selon Geci, les 40 premiers avions représenteraient un chiffre d’affaires de 260 M$ (200 ME).
Selon une source proche du dossier citée par Reuters, une solution alternative serait que les pouvoirs publics convainquent un industriel comme EADS ou Dassault Aviation de proposer un adossement à Geci.
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