Google Inc : UE-Des régulateurs veulent étudier la nouvelle charte de Google
03/02/2012 | 19:45
* Des régulateurs européens demandent du temps à Google
* Google surpris de la réaction des régulateurs
* Entrée en vigueur de la nouvelle charte prévue le 1er mars
par Claire Davenport
Un groupe de
régulateurs européens a écrit à Google pour lui
demander d'interrompre la mise en place de ses nouvelles règles
de confidentialité, afin de vérifier que les données
personnelles des internautes sont suffisamment protégées.
Le groupe de travail Article 29 (G29), organe indépendant
regroupant des représentants des autorités européennes de
protection des données des Vingt-sept - dont la Commission
nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) française -
et de la Commission européenne, juge nécessaire un examen plus
approfondi des projets du géant de l'internet avant l'entrée en
vigueur de ce nouveau règlement, prévue le 1er mars.
Le groupe californien, dont dépendent notamment le moteur de
recherche éponyme, le service de messagerie Gmail, le service de
partage de vidéos YouTube et le réseau social Google+, a annoncé
à la fin du mois de janvier qu'il procédait à une harmonisation
de sa politique de confidentialité, alors qu'il comptait
jusque-là 60 règlements distincts en ce domaine.
Cette charte unique tente d'expliquer quelles sont les
données recueillies par Google, pourquoi elles sont collectées,
l'utilisation qui en est faite et les possibilités qui s'offrent
à l'internaute pour en limiter l'accès et la mise à jour.
INQUIÉTUDE À L'ÉCHELLE DES VINGT-SEPT
Mais les régulateurs européens s'inquiètent de voir Google
partager les données personnelles des utilisateurs à travers ses
différentes plates-formes sans laisser à l'internaute la
possibilité de donner son accord préalable à cette utilisation.
"Au vu de la large gamme de services que vous proposez et de
la popularité de ces services, des modifications de votre
politique de protection de la vie privée pourraient affecter de
nombreux citoyens de la plupart, si ce n'est la totalité, des
Etats membres de l'UE", indique le G29 dans un courrier daté du
2 février et adressé à Larry Page, directeur général de Google.
Viviane Reding, qui gère ce dossier en tant que commissaire
européenne à la Justice, a salué cette initiative, indiquant
qu'il était nécessaire de vérifier que la législation européenne
sur la protection des données personnelles était bien respectée.
Aux Etats-Unis, des parlementaires et des organisations de
défense de la vie privée s'inquiètent également des projets du
groupe de Mountain View de faire apparaître dans les résultats
de recherche des photos et des messages provenant des comptes
des utilisateurs de son réseau social Google+.
Le géant de l'internet s'est déclaré surpris des inquiétudes
des régulateurs européens."Nous avons mis au courant (de notre
projet) la plupart des membres du groupe de travail au cours des
semaines précédant notre annonce", a déclaré Al Verney,
porte-parole de Google à Bruxelles.
"Aucun d'entre eux n'a soulevé de problème particulier à ce
moment-là mais évidemment nous sommes ravis de discuter avec
toute autorité de protection des données ayant des questions à
nous poser", a-t-il ajouté.
Google n'est pas obligé d'attendre les conclusions du G29
avant de mettre en place son nouveau règlement mais il a par le
passé collaboré avec les autorités européennes lorsqu'elles
avaient émis des réserves sur ses projets.
(Myriam Rivet pour le service français, édité par Wilfrid
Exbrayat)