Bruxelles (awp/afp) - La Commission européenne a annoncé mercredi des sanctions pour près d'un demi-milliard d'euros à l'encontre des banques française Crédit Agricole, britannique HSBC et américaine JPMorgan pour avoir participé à une entente de manipulation de taux d'intérêt.

L'exécutif européen "a infligé une amende de 485 millions d'euros au Crédit Agricole, HSBC et JPMorgan Chase pour avoir participé à une entente sur les taux d'intérêt en euro (l'euribor)", a-t-il indiqué dans un communiqué.

L'amende la plus salée est pour JPMorgan Chase, qui a participé cinq mois à cette entente. Elle s'élève à près de 337 millions d'euros. Vient ensuite le Crédit Agricole avec près de 114,5 millions d'euros (aussi cinq mois de participation), puis HSBC (un mois) pour près de 33,5 millions.

"Les banques se sont entendues sur les éléments de fixation des taux d'intérêt en euro et ont échangé des informations sensibles enfreignant ainsi les règles de la concurrence de l'UE", ajoute la Commission.

"La décision d'aujourd'hui est un message clair aux banques qui, comme toutes les compagnies, doivent respecter les règles de concurrence européennes", a déclaré la Commissaire chargée de ce dossier, Margrethe Vestager, lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

"Un secteur financier sain et concurrentiel est essentiel pour l'investissement et la croissance" dans l'UE, a ajouté la commissaire danoise.

Ces trois banques avaient décidé de ne pas accepter une décision de l'exécutif européen en décembre 2013 dans la même affaire, contrairement à leurs concurrentes Barclays, Deutsche Bank, RBS et Société Générale.

Et donc contrairement à leurs quatre rivales, le Crédit Agricole, HSBC et JPMorgan étaient toujours sous le coup de l'enquête de la Commission.

En décembre 2013, la française Société générale, l'allemande Deutsche Bank et la britannique RBS s'étaient vu infliger des amendes, tandis que la britannique Barclays avait bénéficié d'une immunité et échappé à toute sanction pour avoir révélé l'existence de l'entente à la Commission.

Le scandale de l'Euribor (et aussi du Libor), qui a éclaté fin 2012, avait conduit l'Union européenne à durcir son arsenal législatif contre les auteurs de manipulations de marché.

L'Euribor (Euro interbank offered rate) est, comme le Libor, un taux auquel les banques se prêtent de l'argent entre elles et qui servent de référence indirecte pour les crédits aux ménages et aux entreprises.

Le "marché interbancaire" permet à une banque de prêter de l'argent à ses pairs ou au contraire de leur en emprunter, quand le montant de ses dépôts est supérieur ou inférieur à la demande de crédits de ses clients.

L'Euribor est dédié aux échanges entre banques de la zone euro, tandis que le Libor est privilégié par les banques anglo-saxonnes, même s'il est décliné pour plusieurs grandes devises, comme le dollar, l'euro ou la livre sterling.

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