Olivier Hensgen,
DOW JONES NEWSWIRES
PARIS (Dow Jones)--La dette que l'opérateur téléphonique Iliad SA (403591.FR) lèvera pour financer l'intégralité du rachat d'Alice France, la filiale française de Telecom Italia (TI), sera "très raisonnable", a jugé Thomas Reynaud, le directeur financier d'Iliad, lors d'un entretien téléphonique avec Dow Jones Newswires.
"C'est une dette d'acquisition qui est très raisonnable, il existe une visibilité très forte sur le remboursement, qui proviendra des synergies fiscales et de la génération de free cash flow", a-t-il déclaré.
Iliad a annoncé lundi matin être entré en négociations exclusives avec Telecom Italia pour le rachat d'Alice France. "Le prix payé serait fondé sur une valeur d'entreprise maximum de 800 millions d'euros et serait soumis à certaines clauses d'ajustement", précise le communiqué du groupe.
Selon des sources proches du dossier, les pertes reportables d'Alice s'élevaient à 1,2 milliard d'euros avant la clôture de son exercice 2007, ouvrant droit à environ 400 millions d'économies d'impôt.
Fin 2007, Iliad avait une dette nette de 115 millions d'euros.
"Le rachat d'Alice, s'il va bien à son terme, sera relutif", a ajouté Thomas Reynaud, sans toutefois préciser d'échéance.
L'opérateur mise notamment sur de nombreuses synergies de coûts, parmi lesquelles l'amélioration du taux de dégroupage des abonnés d'Alice, l'alignement des dépenses marketing, l'optimisation des coûts de réseau, certaines économies d'échelle, et les synergies fiscales de l'opération.
Moins de la moitié des abonnés d'Alice France sont dégroupés, selon les informations de Dow Jones Newswires, contre 81,5% des abonnés d'Iliad à fin 2007. Les abonnés dégroupés, qui n'ont plus de lien avec France Télécom (FTE.FR), sont nettement plus rentables que les abonnés non dégroupés.
"C'est une opération qui revêt une importance stratégique, car elle consolide notre place de premier opérateur alternatif, avec 4 millions d'abonnés à fin 2008, soit 26% de part de marché, contre 21-22% pour SFR-Neuf", a encore estimé Thomas Reynaud. "L'opération Alice permettrait aussi d'améliorer le retour sur investissements du projet fibre, et renforce l'attractivité d'Iliad avec ses partenaires audiovisuels", a-t-il ajouté.
Le dirigeant s'est également montré optimiste sur la future intégration opérationnelle d'Alice.
"Les problématiques de l'intégration opérationnelle d'Alice sont identifiées. Chaque jour nous raccordons des abonnés conquis auprès d'autres opérateurs, ce sont des choses que l'ont fait quotidiennement au sein de Free", a-t-il observé.
Questionné sur l'impact du rapprochement en termes de ressources humaines, Thomas Reynaud n'a pas souhaité faire de commentaire, le rachat n'étant pas encore finalisé.
-Olivier Hensgen, Dow Jones Newswires; +33 (0)1 40 17 17 40; olivier.hensgen@dowjones.com
(END) Dow Jones Newswires
June 09, 2008 05:58 ET (09:58 GMT)