Paris (awp/afp) - Le groupe de luxe Kering a maintenu une très forte croissance au troisième trimestre, frôlant les quatre milliards d'euros de ventes grâce à l'envolée de son fleuron Gucci, dont le chiffre d'affaires bondit de 49%.

Entre juillet et septembre, le groupe de François-Henri Pinault a totalisé 3,92 milliards d'euros de ventes, une performance nettement supérieure aux consensus d'analystes compilés par Factset ou Bloomberg qui tablaient respectivement sur 3,71 et 3,72 milliards d'euros.

Kering et sa vingtaine de marques (Gucci mais aussi Bottega Veneta, Yves Saint Laurent, Puma ou Balenciaga) réalise ainsi une croissance sur un an de 23,2% en données publiées.

La croissance organique atteint 28,4% après +28,6% et +24,6% lors des deux premiers trimestres de 2017, et +8,1% sur l'ensemble de l'année 2016.

"L'excellente exécution de nos stratégies, tant au niveau du groupe que dans chacune de nos marques, nous permet de réaliser un nouveau trimestre de très forte croissance", s'est félicité M. Pinault dans le communiqué mardi du groupe, qui parle de "croissance exceptionnelle".

"Nous nous concentrons sur la croissance organique, la création de valeur et le maintien de la discipline financière. Malgré des effets de change négatifs et des bases de comparaison de plus en plus élevées, nous sommes confiants dans la capacité de Kering à effectuer une année record, tirée par une croissance supérieure à celle du secteur", résume le PDG.

Kering avait pourtant indiqué en juillet que sur la seconde partie de l'année, la croissance du chiffre d'affaires serait "proportionnellement moins élevée" compte tenu de bases de comparaison moins favorables.

Les effets de change, "qui ont [affecté] le troisième trimestre, continueront à jouer sur le quatrième trimestre", a précisé mardi le directeur financier Jean-Marc Duplaix.

- "encore du potentiel" pour Gucci -

La division Luxe, locomotive du groupe, voit sa croissance organique grimper à 32,3%, tirée par les performances de la griffe italienne Gucci, sa principale source de profits.

La marque, qui avait connu une année chaotique en 2015 avant de se redresser progressivement en 2016, affiche une croissance organique de 49,4% sur le trimestre - après 48,3% et 39,3% lors des précédents trimestres.

"C'est une performance d'autant plus remarquable que les bases de comparaison étaient élevées", a résumé Jean-Marc Duplaix, soulignant notamment "des ventes en ligne en croissance à trois chiffres" pour Gucci qui "se construit dans la durée".

"Aujourd'hui, il y a encore un potentiel à exploiter chez Gucci. Nous sommes allés beaucoup plus vite qu'attendu par rapport à notre plan initial" de redressement de la griffe. "Il y a encore beaucoup de leviers qui nous rendent confiants sur la capacité de Gucci à croître au quatrième trimestre et au-delà", a affirmé M. Duplaix.

Gucci réalise ainsi 1,5 milliard d'euros de ventes sur le trimestre, grâce au succès du style décalé et maximaliste de son directeur de la création Alessandro Michele, notamment auprès de la génération des "Millenials".

Deuxième marque de la division Luxe, Yves Saint Laurent voit pour sa part ses ventes bondir de 22,2%, tandis que Bottega Veneta "continue la mise en oeuvre de son plan d'action" et affiche une petite croissance de 0,9%, après avoir fini l'année 2016 sur un repli de 9,4% de ses ventes.

Du côté des activités Sport et Lifestyle, le mastodonte Puma a relevé ses prévisions annuelles, annonçant un bénéfice net en hausse de 57% sur un an, à 62 millions d'euros.

L'équipementier sportif allemand - détenu à 86% par Kering depuis 2007 - "réalise de nouveau une excellente performance, avec une croissance robuste notamment dans la catégorie clé de la chaussure", a souligné le directeur financier.

En 2016, Kering avait totalisé 12,38 milliards d'euros de ventes, performance record, et son résultat opérationnel courant avait atteint un niveau historique de 1,88 milliard.

afp/rp