
Le président vénézuélien Hugo Chavez l'avait annoncé et promis en avril, les entreprises de ciments aux mains d'étrangers seront nationalisées. Le mouvement a été lancé officiellement hier.
De fait au Venezuela, trois entreprises seulement, dont le mexicain Cemex, le suisse Holcim et le français Lafarge, détiennent à elles seules près de 75% du marché national.
Alors, après les sociétés spécialisées dans le pétrole, les télécommunications, et l'industrie plus généralement, c'est donc sans surprise que l'on assiste à la nationalisation des cimenteries privées.
Au terme de l'opération et conformément à une loi de nationalisation votée en avril dernier, les pouvoirs publics détiendront donc 89% des activités locales du géant français du ciment Lafarge. Et son homologue suisse Holcim se verra nationalisé à 85% via sa filiale locale baptisée Jona. En revanche, aucun accord n'a été trouvé avec le géant mexicain du secteur Cemex.
Pour l'heure, le gouvernement de Caracas a décrété l'expropriation des filiales vénézuéliennes du groupe cimentier, numéro un dans le pays.
On ignore encore les termes exacts des nationalisations, mais le ministre de l'énergie, Rafael Ramirez, a indiqué que son pays avait versé pour ces nationalisations 819 millions de dollars.
Quant à Lafarge, le groupe reste confiant et peu touché par cette annonce, dans la mesure où il ne produit au Venezuela qu'1,6 million de tonnes de ciment sur un total de 215 millions de tonnes.
A Paris vers 10h, le titre Lafarge perdait 2,41%, à 81,14 euros.
C.S.