LAFARGE : Encore compliqué
Forces :Répartition géographique
Faiblesses :sensibilité à la conjoncture, situation financière lourde
Raisons de la Recommandation :
Il est des signes qui ne trompent pas ; l’observation de la courbe de l’action de la société ces cinq dernières années l’illustre assez bien. Alors que les marchés financiers dans leur ensemble, malgré la baisse de cet été, se situent encore à des niveaux supérieurs à leurs points bas de mars 2009, ce n’est pas le cas de Lafarge dont le cours vient d’aller plus bas (22 €) que ce qu’il avait connu à cette époque (27 €), même s’il a quelque peu participé au récent rebond. Ceci signifie que la situation économique et/ou financière de l’entreprise est compliquée et inspire des inquiétudes telles que sa valorisation n’a pas pu se redresser depuis.
Ceci s’explique par une conjonction de facteurs. A l’origine se trouve évidemment l’acquisition par endettement en décembre 2007 du cimentier égyptien Orascom Cement pour 8,8 Md€, soit la moitié d’un an de chiffre d’affaires de l’époque. La date n’est pas anodine, puisqu’elle se situe juste avant que n’éclate la crise dite des subprimes aux Etats-Unis, ce qui signifie que l’opération a été réalisée en haut de cycle ; reconnaissons cependant que ce qui a suivi n’était guère prévisible, mais c’est la deuxième raison. De plus, le ralentissement a frappé tous les pays, mais surtout les économies occidentales, qui représentaient encore une part conséquente du chiffre d’affaires de la société. Par ailleurs, la baisse des prix, accentuée par la concurrence des centres de broyage de clinker, limite les perspectives de redressement rapide, d’autant que l’économie mondiale donne à nouveau des signes de ralentissement. Enfin, les évènements survenus en Egypte en début d’année n’ont pu qu’avoir une influence défavorable sur l’activité du groupe dans ce pays. Et comme si tout ceci n’était pas suffisant, lors de la publication des comptes semestriels, le groupe a admis que l’évolution défavorable des taux de change ainsi que l’inflation, le pénalisaient cette année, qu’il aurait du mal à atteindre son objectif de redressement du résultat opérationnel.
Face à cette situation, le management ne reste évidemment pas inactif, il a entrepris et bien avancé un programme de cessions qui vise principalement à sortir de l’activité plâtre, le plus petit métier du groupe en termes de ventes, et aussi le moins rentable. Il reste concentré sur le ciment et le béton et granulats, bien que dans ces métiers il ait également procédé à des cessions géographiquement ciblées.
Malgré tout, sur le premier semestre de cette année, avec un chiffre d’affaires en progression de 3 % à 7,9 Md€, l’excédent brut d’exploitation recule de 10 % à 1,48 Md€, le résultat opérationnel de 14 % à 926 m€, et le bénéfice net de 34 % à 260 m€. Par ailleurs, le programme de cessions a bien été accéléré, mais il n’a pas suffit à ramener la dette à des niveaux plus faibles, puisqu’elle est encore à 14,26 Md alors qu’elle était de 15,16 Md€ fin juin 2010 ; toutefois le management confirme qu’elle sera bien réduite de 2 Md sur l’exercice. C’est assez impératif, puisqu’en début d’exercice les agences de notation avaient abaissé significativement la note de l’entreprise, proche du niveau qualifié de spéculatif. Un motif d’encouragement toutefois, les volumes dans les pays émergents se sont repris, et le groupe estime la croissance de son marché entre 2 et 5% cette année par rapport à l’an dernier.
Objectifs de cours:
Mais il est bien évident qu’il ne faudrait pas que l’économie mondiale ralentisse une fois de plus de manière trop importante, ou qu’elle entre dans une longue période de croissance anémiée ; le groupe, qui ne vend pas actuellement ses participations aux meilleurs prix, aurait encore plus de mal à redresser ses comptes de résultats. Dans notre publication de septembre 2010 s’il nous paraissait évident que la remontée serait lente, il nous semblait néanmoins qu’à 39 € le cours avait intégré beaucoup de mauvaises nouvelles et était redevenu attrayant. C’était une erreur, la situation est en effet plus compliquée que ce que nous pensions, et il est évident qu’une nouvelle récession ne pourrait qu’ajouter aux difficultés.
Si l’on est actionnaire, il n’y a pas d’autre choix que de le rester, à 28 € la société est capitalisée 8,3 Md€, soit bien moins que ses fonds propres, sinon il nous semble plus prudent de rester à l’écart du titre, la situation dans laquelle se trouve l’entreprise ne devrait pas s’améliorer très rapidement.Marc Bouche Copyright (c) 2012 Zonebourse.com / Combho SAS
| Partager sur |
|
|
|
|
|
|
Avertissement : Les analyses réalisées par la société Surperformance, éditrice du site zonebourse.com, n'ont aucune valeur contractuelle et ne constituent en aucun cas une offre de vente ou une sollicitation d'achat de valeurs mobilières ou autre produit financier. La responsabilité de la société Surperformance ainsi que ses dirigeants et salariés ne saurait être engagée en cas d'erreur, d'omission ou d'investissement inopportun.
Les informations, graphiques, chiffres, opinons ou commentaires rédigés par les équipes de rédaction de Surperformance éditrice du site zonebourse.com s‘adressent à des investisseurs disposant des connaissances et expériences nécessaires pour comprendre et apprécier les informations qui y sont développées. Ces dernières sont diffusées à titre purement indicatif, Surperformance ne peut en garantir l’exactitude ou la fiabilité.
|
|
|
|
|
Valorisation |
2012e |
2013e |
|
PER (Cours / BNA)
|
11,4x |
8,70x |
|
Capitalisation / CA
|
0,53x |
0,51x |
|
Valeur Entreprise / CA
|
1,23x |
1,13x |
|
Valeur Entreprise / EBITDA
|
5,88x |
5,22x |
|
Rendement (DPA / Cours)
|
2,23% |
3,12% |
| Profitabilité |
2012e |
2013e |
|
Marge d'exploitation (EBIT / CA)
|
14,2% |
15,2% |
|
Levier opérationnel (Delta EBIT / Delta CA)
|
0,85x |
2,52x |
|
Marge Nette (RN / CA)
|
4,84% |
6,17% |
|
ROA (RN / Total Actif)
|
1,60% |
2,30% |
|
ROE (RN / Capitaux Propres)
|
4,70% |
5,93% |
|
Ratio Versement Dividende
|
25,5% |
27,2% |
|
|
|