On notera à cet égard que la volatilité du cuivre est structurellement près de deux fois supérieure à celle de l’aluminium ; ceci expliquant cela… Quoi qu’il en soit, après avoir été pendant de longs mois le boulet infernal et pathétique du compartiment des métaux industriels, le métal blanc vient à son tour de voir ses cours s’envoler : à près de 1 700 dollars la tonnes, il progresse de plus de 17 % depuis le début du mois. Par les temps qui courent, d’aucuns seraient en droit de décréter qu’une telle progression est finalement assez anodine, voire syndicale, mais, en l’espèce, force est de reconnaître que cette pirouette haussière est assez étonnante compte tenu de la franche médiocrité des fondamentaux du métal en question et ce d’autant plus qu’elle intervient précisément au moment où les stocks du London Metal Exchange sont au plus haut historique…
Alors, certes, les importations chinoises d’aluminium ont fortement augmenté au mois d’avril mais l’argument est assez peu convaincant, l’Empire du Milieu demeurant exportateur net en la matière.
On pourrait également invoquer un éventuel effet de rattrapage car, somme toute, l’aluminium ne progresse que de 10 % depuis le début de l’année quand, dans le même temps, le cuivre et le plomb s’adjugent respectivement 75 et 80 %...
Mais, en réalité, le mouvement haussier en cours s’explique surtout par un vaste mouvement de rachat de positions vendeuses à découvert ; cette capitulation de la spéculation (qui, on ne le soulignera jamais assez, est, sur les matières premières au moins aussi souvent vendeuse à découvert qu’acheteuse…) doit nécessairement conduire à relativiser l’embellie du métal blanc.
En clair et sans décodeur, sur l’alu, papier ou métal, on évitera de s’emballer…