(Easybourse.com) A votre niveau, celui de la rencontre en ligne, comment qualifieriez-vous le marché des célibataires ?
C'est un marché qui est en forte croissance. Il y a une étude Jupiter qui montre que le marché va croître encore de façon significative sur les quatre prochaines années. Nous ne sommes pas aujourd'hui, sur le marché européen, à un stade de maturité comme observé aux Etats-Unis. Nous avons encore de belles années de croissance devant nous.
Combien Meetic compte-t-il d'inscrits ?
Nous avons annoncé que nous avons 577 000 abonnés à fin 2007 tous services compris.
Les usages sont en train de se segmenter à travers deux segments de services -qui sont très bien balisés aux Etats-Unis et qui sont moins clairs, parce que moins matures en Europe- à savoir le segment du dating (Meetic, Match.com) et celui du matchmaking.
Le matchmaking est quelque chose de très fort aux Etats-Unis et que l'on voit apparaître en Europe.
En quoi consiste le matchmaking ?
La différence fondamentale avec le dating réside dans le service apporté à l'utilisateur.
Dans Meetic, vous vous inscrivez et c'est à vous d'aller à la recherche de votre âme sœur et d'entrer en communication avec les gens sur le site.
Le matchmaking, segment sur lequel nous sommes présents via Ulteem, apporte une tranche de valeur ajoutée supplémentaire qui est une dimension d'accompagnement. Le principe est assez simple : pour entrer dans le service, vous devez remplir un test psychologique d'une centaine de questions qui, d'une part, dresse votre portrait psychologique et, d'autre part, permet de faire du «matching» avec les autres membres qui sont présents sur le site.
Nous avons lancé Ulteem il y a deux ans un peu partout avec un certain succès, car aujourd'hui, en terme de notoriété, nous avons 20% en France. Cette notoriété est moins forte dans les autres pays. On sent que c'est marché qui va être en forte croissance.
Existe-t-il un profil type de l'utilisateur de Meetic ?
C'est un célibataire plutôt urbain -même si c'est de moins en moins vrai-, dont l'âge se situe entre 34 et 40 ans.
Existe-t-il des différences d'usage entre la France et les autres pays ?
Il y a une très forte démarcation, mais je n'appelle pas ça de l'usage. Il y des différences de maturité de marché et après, il y a des critères sociétaux et locaux qui entrent en ligne de compte.
Il y a une ligne de démarcation entre les pays du Nord et du Sud, entre les pays anglophones ou germaniques et les pays latins.
Un exemple flagrant ?
Par exemple, dans les pays nordiques, il y a autant de filles que d'hommes qui viennent s'inscrire sur Meetic. Et plus vous descendez dans le Sud et plus cet équilibre est difficile à trouver.
C'est lié à des problèmes de maturité de marché mais ces problèmes sont eux-mêmes liés à des aspects culturels. Il y a des pays où les comportements sont plus conservateurs, je pense en particulier à l'Italie où aujourd'hui la maturité du marché de la rencontre en ligne est moins forte qu'en Suède par exemple.
Ca implique pour nous une localisation de notre communication et de notre marketing.
Faites-vous appel à des bureaux d'étude pour mieux cibler les célibataires et répondre de plus près à leurs demandes ?
Nous faisons beaucoup d'études, nous regardons beaucoup ce qu'il se passe, nous regardons beaucoup les attentes du marché. D'ailleurs un grand nombre de nos publicités sont localisées et c'est une nécessité.
Il est nécessaire d'être localement considéré comme une entreprise locale.
Quelle est la différence entre le Meetic d'aujourd'hui et le Meetic de la création ?
C'est de plus en plus accepté. Il y a encore cinq ans, quand nous avons lancé Meetic en France, quand on s'inscrivait sur un site de rencontres, on ne le disait pas à ses amis. C'était un peu honteux. Maintenant, c'est devenu quelque chose d'assez banal, c'est rentré dans les mœurs. C'est bien cette tendance de fond que l'on note avec l'accroissement du marché de la rencontre en ligne en Europe.
Quels sont les prochains développements de Meetic ?
Il y a deux axes principaux. Le premier, c'est que nous souhaitons renforcer nos parts de marché dans des pays qui sont stratégiques pour nous, en particulier l'Allemagne et l'Angleterre et où nous avons fait des acquisitions significatives en 2007.
Et toujours sur le marché de la rencontre en ligne, nous voulons investir significativement dans le matchmaking.
A côté de ce pan historique, nous avons annoncé la création d'un pôle contenu et publicité. Meetic bénéficie d'une audience significative en Europe (entre 6 et 10 millions de visiteurs uniques). Donc, nous avons une communauté extrêmement active et extrêmement fidèle, en particulier une communauté féminine qui est extrêmement difficile à aller chercher sur Internet. Nous, on l'a et on a eu comme idée de valoriser cette communauté à travers du contenu.
Nous avons donc décidé de lancer un portail féminin qui sera promu à travers nos marques et nos sites en Europe et dont le modèle économique est basé sur des revenus publicitaires.
Propos recueillis par Marjorie Encelot
- 30 Mai 2008 - Copyright © 2006 www.easybourse.com