METROPOLE TV : Mérite mieux
|
Analyse du 22/02/2011 | 08:31
|
Eligible au PEA / SRD : OUI / OUI EURONEXT PARIS Audiovisuel |
Place de Cotation :NYSE Euronext Paris
Métiers : Chaîne TV
Marché, Positionnement :l’un des principaux groupes audiovisuels français
Forces :parts de marché, actionnariat stable, solidité financière
Faiblesses :concurrence, sensible à la conjoncture
Raisons de la Recommandation :
Malgré la reprise du marché de la publicité courant 2010, y compris à la télévision, malgré aussi une publication de résultats très convenables, le cours de l’action n’a pas varié depuis un an, date de notre dernier point. Pourtant, la société a fait la démonstration que son modèle économique était équilibré et lui pouvait lui permettre de traverser les périodes difficiles.
Grâce à sa diversification, elle a amorti le choc de la baisse de ses recettes publicitaires en télévision l’an dernier, publicité qui a progressivement repris au fil des trimestres et lui fait afficher des résultats en hausse sensible ; avec un chiffre d’affaires consolidé qui passe de 1,37 Md€ à 1,46 Md€ soit plus 6,2 %, elle réalise un bénéfice opérationnel courant de 242 m€ contre 190 en 2009 (+ 27 %) soit une marge opérationnelle de 16,6 %, la plus importante qu’elle ait jamais obtenue ; en 2009 celle-ci était de 13,8 %. Le bénéfice net, malgré la baisse du résultat financier et la hausse d’impôt, progresse de 12,8 % en s’établissant à 157 m€ contre 139 un an avant, soit 10,80 % de marge nette. La société précise dans son communiqué que ce résultat ne tient pas compte de la « variation de juste valeur de l’actif Canal + France dont la cession a été réalisée en février 2010 » ; il aurait progressé dans ce cas de 32 %.
Dans le détail, l’on constate qu’en effet les diversifications qui avaient permis au groupe en 2009 de limiter la baisse de recettes de l’antenne, sont restées stables en 2010, elles ne peuvent à la fois servir d’amortisseur et de relais de croissance. C’est justement cet équilibre qui permet au groupe d’avancer, couplé à une gestion prudente des budgets ; malgré le retour à une conjoncture plus « normale », le groupe n’a que modérément investi dans ses programmes (320 m€ soit + 5,4 %) sans répliquer la hausse de ses recettes publicitaires qui ont avancé de 10,6 % pour la chaîne M6, à 640 m€ mais de 22 % pour les autres recettes, à 145 m€. C’est cette stratégie qui explique la régularité de la progression des résultats et donc des marges qui atteignent ensemble leurs niveaux les plus élevés de l’histoire de l’entreprise.
Alors comment expliquer la frilosité dont le marché semble faire preuve à l’égard de la société ? Pourtant le PER 2010, avec un cours de 18 €, ressort à 15 fois et celui de 2011 estimé, à 13,9 fois ; ce n’est pas excessif pour une entreprise encore jeune qui dispose d’un bon potentiel et qui a prouvé sa bonne gestion. Sans doute faut-il chercher l’explication du côté du métier, qui est en pleine évolution aussi bien avec l’arrivée de la TNT que de l’internet, mais qui souffre peut-être d’une désaffection de la part des jeunes générations pour qui les appareils mobiles remplacent très avantageusement la télévision traditionnelle ; du côté de la concurrence également, avec des règles du jeu dictées par les autorités qui compliquent la visibilité que l’on peut avoir à une échéance un peu longue. Il est vrai aussi que les chaînes de télévision sont naturellement nationales et ne peuvent bénéficier de la croissance des pays émergents que les investisseurs recherchent tant actuellement, ce qui pourrait expliquer la modestie des PER appliquée au secteur.
Objectifs de cours:
Notre note de l’an dernier recommandait de rester actionnaire si on l’était, mais d’attendre pour le devenir. Cette année nous serons plus confiants, en considérant que la société a bien traversé la crise, qu’elle est bien gérée et que sa marge opérationnelle n’a sans doute pas fini de progresser, tant que cet équilibre entre recettes et investissements sera maintenu, et il n’y a pas de raison qu’il ne le soit pas. Comme par ailleurs l’orientation vers les diversifications n’est sûrement pas terminée non plus, il est très vraisemblable qu’un jour ou l’autre le marché finisse par accorder à l’action un PER plus généreux. Si celui-ci était porté à 17 fois, qui était son niveau lors de notre précédente publication, avec un bénéfice par action 2012 estimé à 1,34 €, le cours serait alors de 22 / 23 €. L’entreprise serait alors capitalisée deux ans de chiffre d’affaires, ce nous semble être un objectif raisonnable à douze / dix huit mois, elle ne ferait que revenir à son niveau d’avant la crise, début 2008. Dans cette optique, avec un dividende porté de 0,85 à 1 €, son rendement avec un cours de 18,40 € est de 5,4 %, la valeur peut être mise en portefeuille.
Marc Bouche
Copyright (c) 2012 Zonebourse.com / Combho SAS