ORPEA : Des changements à venir ?
Avec le vieillissement des populations occidentales, en France comme ailleurs, le métier de l’hébergement de personnes âgées devient incontournable et voit se positionner des intervenants qui n’hésitent pas à se rapprocher, à fusionner, mais l’on n’a jusqu’ici à notre connaissance, décelé aucune offre plus ou moins inamicale. La consolidation est bien en marche, des groupes privés solides se constituent, le mouvement n’est d’ailleurs probablement pas terminé, des offres pourraient survenir, dont nul n’est à l’abri.
Le numéro un français, le groupe DVD issu du rapprochement entre DomusVie et Dolcéa, n’est pas coté en bourse ; le numéro deux pour l’instant est Orpéa. Pour l’instant, car ces derniers jours des modifications sont intervenues au capital de Medica, le numéro quatre, pour qui le marché évoque évidemment un possible rapprochement avec Korian, le troisième. Le regroupement, hypothétique, des deux en ferait le numéro un devant DVD, reléguant ainsi Orpéa à la troisième place. Rien n’est encore fait, mais il se trouve que les deux entreprises ont désormais des actionnaires communs, Batipart et Predica, cette dernière étant une filiale du Crédit Agricole. L’on ne peut objectivement pas exclure qu’une étude de cette sorte soit menée, qui permettrait de créer des synergies et de répondre à la réglementation qui encadre les autorisations d’ouverture de nouveaux établissements, et favorise l’émergence de grands groupes privés structurés.
De même que l’on ne peut exclure qu’un regroupement au niveau européen s’effectue un jour, tous les pays étant confrontés aux mêmes besoins d’hébergement ; seule la réglementation diffère d’un pays à l’autre, qui peut freiner les initiatives des opérateurs ; il serait évidemment souhaitable qu’une harmonisation soit mise en place, mais cela ne semble pas être pour demain. En attendant, cela n’empêche pas des rachats de petits établissements, et Orpéa a déjà bien commencé dans cette voie, puisqu’il disposait à fin mars de plus de 6600 lits en Europe, opérationnels ou en construction, sur un total de 33700, dont 3520 en Belgique, 1770 en Espagne, 1220 en Italie et 165 en Suisse, ce qui lui permet de se présenter comme « leader européen de la prise en charge globale de la dépendance » et d’afficher une contribution de 12 % de son chiffre d’affaires à l’international.
Le groupe n’a pas commenté ces mouvements d’actionnaires, il n’avait d’ailleurs pas à le faire n’étant pas directement concerné, mais il est certain qu’il doit suivre avec intérêt ces opérations. Il préfère mettre l’accent sur ses atouts propres qui lui ont permis de doubler son réseau en quatre ans, de le multiplier par plus de quatre en neuf ans (il est passé de 8134 lits en 2002 à 33700 à fin mars 2011), sur sa capacité à intégrer les établissements indépendants acquis, ainsi que sur son organisation qui lui permet de maitriser sa croissance.
L’exercice 2010 a vu le chiffre d’affaires s’approcher du milliard (964 m€) en croissance interne de 8,7 %, avec un maintien de la marge opérationnelle courante à 13,5 %, le résultat net a cependant moins progressé, passant de 61 à 66 m€ sous l’impact entre autres de frais financiers plus élevés. La contrepartie de cette croissance est nécessairement un endettement élevé en face duquel se trouvent des actifs immobiliers présentés comme étant de qualité, l’une des tâches du management étant de gérer le plus efficacement possible ce parc immobilier et la dette qui lui est rattachée. A ce jour, il s’est assez bien acquitté de cette mission.
Les perspectives pour les années à venir consistent à poursuivre dans la voie de la croissance rentable, et dans l’immédiat de réaliser cette année un chiffre d’affaires voisin de 1,2 Md€ tout en améliorant les ratios financiers. La part du secteur privé commercial en France n’étant encore que de 20 % contre 55 % pour celle du public et 25 % pour le secteur associatif, les objectifs visés par le management semblent tout à fait atteignables.
En bourse ces bons chiffres ne se retrouvent pas vraiment dans l’évolution du cours de l’action ; depuis son plus haut en 2007 (à 46 €) et après une période de faiblesse due à la crise générale des marchés financiers, il évolue depuis plusieurs mois dans une fourchette horizontale de 30 à 36 €. La cause en est l’aplatissement des ratios de capitalisation qui reviennent de 22 / 25 fois vers des niveaux plus modestes, ils prennent en compte et la concurrence et l’élargissement du métier. A 33 € actuellement le dividende de 0,20 € procure un rendement assez faible, mais il est assez logique que le management privilégie les investissements à la rémunération des actionnaires ; les places sont à prendre maintenant, les mouvements capitalistiques évoqués plus haut en témoignent.
Nous sommes toujours favorables au maintien de l’action en portefeuille et à son acquisition, évidemment dans une optique de long terme. Le bénéfice par action estimé pour 2011 est capitalisé 17,4 fois ; au vu des ambitions de la direction, nous considérons toujours que les plus hauts devraient être retrouvés.
Marc Bouche Copyright (c) 2012 Zonebourse.com / Combho SAS
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Valorisation |
2012e |
2013e |
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PER (Cours / BNA)
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13,1x |
10,8x |
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Capitalisation / CA
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0,93x |
0,83x |
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Valeur Entreprise / CA
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2,06x |
1,80x |
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Valeur Entreprise / EBITDA
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11,4x |
9,75x |
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Rendement (DPA / Cours)
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2,13% |
2,37% |
| Profitabilité |
2012e |
2013e |
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Marge d'exploitation (EBIT / CA)
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14,3% |
14,6% |
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Levier opérationnel (Delta EBIT / Delta CA)
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1,58x |
1,20x |
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Marge Nette (RN / CA)
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7,03% |
7,47% |
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ROA (RN / Total Actif)
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2,20% |
2,60% |
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ROE (RN / Capitaux Propres)
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8,20% |
9,20% |
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Ratio Versement Dividende
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28,0% |
25,6% |
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