PEUGEOT : PSA cherche de nouveaux partenaires dans les fourgons
27/01/2012 | 18:10
* PSA doit remplacer Fiat à Sevelnord
* La production de la Peugeot 208, modèle stratégique,
débute à Poissy
* Objectif 550.000 ventes dans le monde en 2013
(Actualisé avec citations et précisions)
par Gilles Guillaume
PSA Peugeot
Citroën est actuellement à la recherche de nouveaux
partenaires dans les véhicules utilitaires pour remplacer le
groupe Fiat, avec qui une première coopération prendra
fin dans six ans.
PSA et Fiat possèdent en commun l'usine de Sevelnord, près
de Valenciennes (Nord), d'où sortent actuellement les
fourgonnettes Peugeot Expert, Citroën Jumpy et Fiat Scudo,
"Nous avons eu un partenariat avec le groupe Fiat qui
s'éteint en 2017 parce que Fiat nous a dit que depuis qu'ils se
sont mariés avec Chrysler, ils n'avaient plus besoin d'être en
partenariat avec nous", a déclaré Philippe Varin, président du
directoire de PSA, à la presse en marge du lancement de la
production de la Peugeot 208 à l'usine de Poissy (Yvelines).
"Nous essayons donc de trouver les solutions pour les futurs
véhicules utilitaires qu'il est difficile, dans notre industrie,
de développer seuls, donc il faut trouver les bons partenaires
pour faire ces développements", a-t-il ajouté.
Interrogé sur l'avancement de ces recherches, Philippe Varin
a répondu: "le travail est en cours, ce genre de question ne
trouve pas instantanément des solutions."
La baisse de 1,5% des ventes mondiales de PSA Peugeot
Citroën en 2011 et la perte opérationnelle attendue sur l'année
dans la division automobile du groupe ont relancé le débat sur
la nécessité d'une alliance pour partager les coûts et gagner en
effet volume.
Malgré leur séparation dans les utilitaires - la JV
italienne de Sevelsud (Boxer et Jumper) ne sera pas renouvelée
non plus après 2019 - le nom de Fiat circule à nouveau comme
partenaire potentiel pour PSA. (voir )
LA 208 DÉMARRE, PAS DE DÉCISION SUR AULNAY
PSA a lancé vendredi la production en série de la nouvelle
Peugeot 208, un modèle stratégique pour redresser les ventes sur
un segment où la marque au lion excelle depuis les années 1980
avec la 205.
Le groupe prévoit de commercialiser 550.000 exemplaires de
sa petite berline dans le monde à partir de 2013, première année
pleine, dont 400.000 en Europe. Le modèle représentera 40% des
ventes de la marque Peugeot.
"A terme, la répartition (de la production) pour l'Europe
sera de 40% à Poissy, 40% en Slovaquie et 20% à Mulhouse", a
indiqué Denis Martin, directeur industriel de PSA, à des
journalistes en marge de la cérémonie.
La voiture, lancée en Europe au printemps, sera également
produite l'an prochain à Porto Real (Brésil) pour le marché
sud-américain.
Prié de dire si dans le contexte actuel de rumeurs de
consolidation, un partenariat avait été envisagé pour la 208,
Philippe Varin a répondu que c'était inutile pour un modèle
produit dans de tels volumes.
"Sur cette voiture, on a là les moyens de faire seul un
produit compétitif", a-t-il dit.
Dans le cadre du débat actuel sur le "made in France", le
ministre de l'Industrie Eric Besson avait fait le déplacement à
Poissy.
La voiture sera assemblée en majorité dans l'Hexagone, avec
65% de pièces d'origine françaises comme le pare-choc arrière
recyclé fabriqué par Plastic Omnium en Ile-et-Vilaine.
Confronté à une concurrence bien plus nombreuse qu'à
l'époque de la 205, PSA va tenter de tirer son épingle du jeu
dans la guerre des prix qui fait rage sur le segment des petites
voitures avec un tarif de départ de 11.900 euros, inférieur à
celui de la devancière 207.
Mais le constructeur répète que la question de la
compétitivité des usines françaises sur le segment B n'a
toujours pas été réglée. L'avenir de l'usine voisine
d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), principal site de
production de la Citroën C3, reste incertain.
L'usine d'Aulnay emploie 6.000 personnes, celle de SevelNord
2.800 personnes et le site de Poissy, plus de 7.000 personnes.
Interrogé sur le choix du modèle qui succédera ou non à la
C3, Denis Martin a répondu que la décision n'était toujours pas
prise. "Elle peut l'être plus tard, même en 2014, aujourd'hui
tout va plus vite", a-t-il dit, faisant référence au délai qui
s'écoule entre la validation définitive d'un projet et sa
commercialisation.
(Avec Laurence Frost, édité par Gwénaëlle Barzic)