par Cyril Altmeyer
Le quatrième groupe publicitaire mondial a maintenu sa marge opérationnelle à 15%, supérieure à son objectif interne de 14,7-14,8%, et a dit viser un taux compris entre 16,5% et 16,7% en 2008.
"Si la situation reste à peu près stable, on devrait faire une progression de revenus bien plus élevée que celle de l'année dernière et donc à peu près dans la ligne de ce que nous avons fait au premier semestre", a déclaré le président du directoire de Publicis, Maurice Lévy, à des journalistes. Le groupe avait déçu en 2007 avec une croissance organique de 3,1%.
Publicis a enregistré au premier semestre des revenus de 2.226 millions d'euros, légèrement en deçà du consensus Reuters de 2.244 millions. Le résultat net part du groupe a baissé de 3,0% à 192 millions d'euros, en ligne avec les attentes.
Maurice Lévy a réaffirmé l'objectif de Publicis de maintenir son taux de marge opérationnelle au plus près du niveau de 16,7% enregistré en 2007. "Notre objectif est très clairement de nous situer entre 16,5% et 16,7% en 2008", a-t-il dit.
Il a précisé qu'il s'attendait à une érosion de la marge au premier semestre en raison des effets de change et de la montée en charge dans le chiffre d'affaires du numérique, une activité en croissance dont les marges n'ont pas encore atteint le niveau du reste du groupe.
La part du numérique dans le chiffre d'affaires de Publicis est passée de 12,7% au premier semestre 2007 à 18,8% au premier semestre 2008.
Maurice Lévy a expliqué que Publicis parviendrait à son objectif de réaliser un quart de son chiffre d'affaires dans le numérique en 2010 en partie par des acquisitions ciblées, mais surtout grâce à son réseau VivaKi, présenté fin juin. Adossé aux plates-formes publicitaires en ligne de groupes comme Google ou Microsoft, il permet aux annonceurs de toucher en une seule campagne un public défini partout dans le monde.
L'agence américaine Digitas, acquise en 2007, a affiché sur le semestre une croissance organique de 29% et une marge opérationnelle d'environ 13% contre 9,5% un an plus tôt, a précisé Maurice Lévy.
"SIGNES ENCOURAGEANTS" POUR 2009
Les pays émergents, dans lesquels Publicis a réalisé 22,3% de son chiffre d'affaires au premier semestre contre 20,3% un an plus tôt et avec un objectif de 25% d'ici 2010, devraient lui permettre de compenser en partie le ralentissement des marchés américain et européen.
En Europe, Maurice Lévy a noté que le Royaume-Uni et l'Espagne commencent à montrer des signes de faiblesse, tandis que la France et l'Allemagne tirent encore leur épingle du jeu.
L'américain Omnicom, numéro un mondial du secteur, s'est montré mardi prudent pour l'évolution de la conjoncture aux Etats-Unis au second semestre.
Pour 2009, Maurice Lévy a également fait état de "signes assez encourageants" pour l'activité de Publicis malgré le traditionnel fléchissement d'une année post-Jeux olympiques.
"Nous avons l'impression pour 2009 que nous devrions être capables de gérer plutôt bien la situation et d'être en mesure de dégager une croissance et d'offrir une résistance meilleure au bas de cycle - si on est confronté au bas de cycle", a-t-il dit.
Maurice Lévy, qui a déclaré que les programmes publicitaires liés aux Jeux olympiques seraient déterminants pour la croissance organique au troisième trimestre 2008, a souligné que juillet avait été très riche en gains de contrats, comme avec Disney et certains non encore annoncés.
Sur l'ensemble du premier semestre, Publicis a enregistré pour trois milliards de dollars de nouveaux budgets contre 3,5 milliards sur la période correspondante de 2007.
Maurice Lévy a dit prévoir au second semestre des baisses d'investissements marketing dans l'automobile et la finance au semestre, tandis que les services informatiques et les télécoms restent très soutenus.
Il a confirmé anticiper une amélioration "sur la fin de l'année" du secteur de la santé, sans lequel la croissance organique du groupe aurait été de 7,1% au premier semestre au lieu de 5,4%.
L'action a clôturé mercredi en hausse de 4,35% à 20,41 euros, donnant une capitalisation de 3,8 milliards d'euros. Elle a perdu environ 27% depuis le début de l'année.
Edité par Stanilas Dembinski
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