REMY COINTREAU : En mouvement permanent
Forces :portefeuille de marques recentré
Faiblesses :en période de mutation, le résultat opérationnel est affecté
Raisons de la Recommandation :
Nous ne pensions pas que les choses iraient aussi vite ; notre note de juillet 2010 recommandait de surveiller la branche Champagne du groupe, qui posait quelques problèmes, mais nous n’imaginions pas qu’elle pourrait être cédée ; c’est pourtant ce qu’a décidé l’entreprise en fin d’année dernière, et le cours de l’action a salué l’opération, en allant des 44 € où nous l’avions laissée à plus de 60 cet été, même si la crise boursière l’a fait revenir en arrière récemment. En toute logique, puisque la marge opérationnelle de cette branche, l’une des plus faibles du secteur à moins de 4 %, était très loin des plus de 20 % dégagés par les autres produits du groupe ; la cession ayant été réalisée en juin sur la base d’une valeur d’entreprise de plus de 400 m€, la situation financière de la société en a été renforcée.
Néanmoins, celle-ci se retrouve maintenant avec l’essentiel de son chiffre d’affaires et surtout de son résultat opérationnel réalisé par le cognac et principalement par sa marque Rémy Martin. Sur les 907 m€ de ventes effectuées à fin mars 2011, 53,5 % provenaient des ventes de cognac, qui représentaient surtout 75,8 % du résultat opérationnel courant, les Liqueurs et Spiritueux ne comptant que pour 23 % des deux lignes. Cette année, avec la cession de la branche champagne dont les ventes ont représenté 103 m€, la proportion va encore s’accroître. Il devient indispensable d’élargir le portefeuille de produits, ce dont le management ne se cache pas. Des intentions lui sont prêtées dans le whisky, dans une marque locale de spiritueux, voire dans un grand nom du champagne, mais à condition que sa marge soit digne de celle du groupe.
Toute la stratégie du management consiste à adopter pour l’entreprise une politique de niche, de haut de gamme, politique adossée à une communication à laquelle il consacre un large budget, bien conscient qu’il est que sa taille, comparée à celle de ses concurrents, ne lui permet pas de les suivre sur le même terrain ; il préfère se consacrer à quelques marchés très ciblés dont l’Asie et notamment la Chine qui occupe la première place, sur des produits comme le cognac ou le Cointreau. La vente de sa branche champagne va lui procurer les fonds nécessaires à cette diversification, d’autant que son bilan est déjà solide ; à fin mars, en face de 1,06 md€ de capitaux propres, les dettes long terme ne représentaient que 378 m€, la dette nette est revenue quant à elle de 500 à 328 m€.
Une nouvelle fois la société est à un tournant de son histoire, après la reprise en main de son réseau de distribution, puis la cession du champagne, elle devrait annoncer des initiatives dans les prochains mois pour compléter sa gamme de produits, probablement à destination des marchés en croissance ; l’Europe ne représente qu’un tiers de ses ventes, tout comme les Amériques.
Objectifs de cours:
La société ne fait pas de prévision pour l’exercice en cours mais dans quelques jours elle publiera ses chiffres semestriels, dont on peut penser qu’ils seront conformes aux anticipations de la place, d’autant que le premier trimestre a vu le chiffre d’affaires progresser de 22 % en organique, tiré par le cognac dont la croissance interne a été de 31 %. Toutes les régions ont connu des croissances à deux chiffres, mais l’environnement économique d’ensemble a probablement changé depuis, sous l’effet des craintes d’un ralentissement généralisé de l’activité.
Afin de faire bénéficier ses actionnaires de la vente du champagne, le conseil avait décidé la distribution d’un dividende exceptionnel de 1 €, en plus du dividende normal de 1,30 €, ce qui ne se reproduira évidemment pas cette année. Le consensus attend un bénéfice par action de l’ordre de 3,60 €, soit au cours de 52 € un PER de 14 fois, ce qui peut paraître modéré pour une entreprise qui dispose d’une telle marge. Nous suggérons de voir jusqu’où la baisse actuelle peut entrainer l’action, mais entre 47 et 50 €, elle pourrait commencer à être mise en portefeuille. Enfin, si des rumeurs reviennent régulièrement quant à une offre sur l’entreprise, jusqu’ici les actionnaires familiaux les ont toujours démenties.Marc Bouche Copyright (c) 2012 Zonebourse.com / Combho SAS
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Valorisation |
2012e |
2013e |
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PER (Cours / BNA)
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31,7x |
23,5x |
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Capitalisation / CA
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3,86x |
3,45x |
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Valeur Entreprise / CA
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3,96x |
3,55x |
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Valeur Entreprise / EBITDA
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18,5x |
15,9x |
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Rendement (DPA / Cours)
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1,90% |
2,01% |
| Profitabilité |
2012e |
2013e |
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Marge d'exploitation (EBIT / CA)
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19,8% |
20,8% |
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Levier opérationnel (Delta EBIT / Delta CA)
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1,73x |
1,48x |
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Marge Nette (RN / CA)
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11,7% |
14,0% |
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ROA (RN / Total Actif)
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7,90% |
9,57% |
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ROE (RN / Capitaux Propres)
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12,4% |
15,7% |
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Ratio Versement Dividende
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60,2% |
47,2% |
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