« L'entreprise publiera un Ebitda positif au titre de ses semestriels »
(Easybourse.com)
Suite au départ de Loïc Péquignot du poste de PDG, Gérard Guillot a été nommé président de Risc Group le 18 décembre dernier tandis que Philippe Weppe, un ancien de Hewlett Packard, Digital, Sun et NextiraOne, a été nommé directeur général.
Gérard Guillot connaît déjà bien la société puisqu'il en est administrateur depuis 2003 et qu'il en a même déjà été le président lorsque Risc Group a connu sa traversée du désert dans les années 2005-2006.
Peut-on revenir rapidement sur les raisons du départ de Loïc Péquignot du poste de PDG de Risc Group ?
Il n'y a ni conflit, ni crise. Ce départ, c'est sa convenance personnelle.
Donc pas d'indemnités…
Je n'ai pas à répondre à cette question. Si les actionnaires nous posent la question des dispositions qui ont accompagné le départ de M. Péquignot en assemblée générale, nous y répondrons. Mais sachez que nous sommes très en deçà des règles qui sont inspirées par le Medef et qui nous ont été recommandées par l'AMF.
M. Péquignot n'a été indemnisé que dans les strictes obligations matérielles au plus strict sens du terme, parce que c'est lui qui voulait partir. Vous savez que nous avons un code du travail… Nous avons respecté stricto sensu les règles du code qui s'impose à toute entreprise française.
Quoi qu'il en soit, dans une entreprise de quelque nature qu'elle soit (familiale, capitalistique etc.), le prix de la paix est moins préjudiciable que le coût de la guerre.
Quels sont les défis de la nouvelle direction ?
Les défis sont à la fois ceux du conseil d'administration et ceux de la nouvelle direction puisque, comme vous l'avez vu, nous avons disjoint les fonctions de président et de directeur général.
Notre finalité est de créer de la valeur afin de distribuer un revenu à nos actionnaires. Cela fait sept ans qu'ils ne voient rien, ce n'est plus possible. Il faut absolument que nous trouvions des forces de constitution économique qui nous permettent de rémunérer nos actionnaires et de créer une valeur qui soit évidente à l'esprit de toute personne capitaliste sur cette terre.
Et je tiens à dire que mon rôle n'est pas uniquement que de rechercher un actionnaire structurant mais d'assumer l'ensemble des obligations de la fonction de président.
Risc Group va publier le 13 février son chiffre d'affaires au titre du deuxième trimestre. Comment s'annonce-t-il ? Peut-on avoir une fourchette ?
Je ne vous donnerai pas de fourchette mais nous avons déjà dit que le premier semestre était moins bon que nous l'espérions…
Du fait du pôle Inbox…
C'est effectivement du fait de l'Inbox. Mais il faut relativiser les choses. Nous avons dit que l'Inbox a fait un premier semestre en deçà de ce que nous espérions, voilà ce que nous avons dit. Aujourd'hui, le pôle Inbox, c'est 40% de l'international, demain -dans un an et demi/deux ans- ce sera 60%...
Les 40% d'étranger se portent très bien. La faiblesse de l'Inbox, c'est la France, mais ce n'est pas dramatique, rassurez-vous.
Pourquoi la France ?
Voyez-vous, Risc Group a démarré son marché sur la France il y a maintenant six ans désormais, nos commerciaux attaquent des PME de plus grand standing et ces PME hésitent entre l'infogérance (donc confier toute leur informatique à quelqu'un qui va prendre en charge leurs serveurs, leur sécurité, etc.) et une Box qui va leur apporter un billet d'entrée, de sortie, de protection.
Après avoir consommé le noyau simple, le foyer ardent du marché, il y a la deuxième strate, plus difficile celle-là, avec des TPE qui sont plus complexes à convaincre. La France est un marché plus que mature.
Et puis, il y a la crise. Les entreprises se disent : «Bon, mon informatique on verra demain». Elles vont reporter à plus tard la compréhension du sujet ou leur décision.
Sur le pôle Inbox toujours, vous attendez beaucoup financièrement parlant de la Box Convergence, n'est-ce pas ?
Aujourd'hui, nous commercialisons une Box qui, dans sa première version, est orientée vers la sauvegarde. Maintenant, nous espérons livrer très prochainement à notre clientèle une Box qui permette la communication, c'est-à-dire notamment d'ingérer, de faire de la gestion à distance.
Et oui, nous en attendons beaucoup financièrement parlant de cette nouvelle Box.
C'est-à-dire ?
Nous ne vendons jamais la peau de l'ours. Mieux vaut affirmer à l'establishment financier nos résultats que leur annoncer nos visions, nos prospectives, nos sentiments de réussite.
Passé le chiffre d'affaires, doit-on attendre des résultats semestriels bénéficiaires ?
Si vous me demandez si l'entreprise aura un Ebitda positif, je vous réponds «oui».
Si vous me parlez de cette grande opération comptable qui résulte de la mise en conformité avec les normes IFRS, il faudra que vous alliez chez nos commissaires aux comptes pour savoir comment nous allons comptabiliser la suppression de notre bilan de 60 millions de dette. Nous n'aurons plus aucune dette puisque nous avons fait des ventes parfaites.
Vous parliez tout à l'heure de l'international. J'ai cru comprendre que vous misiez beaucoup sur l'étranger pour faire face à la crise actuelle…
Bien sûr… L'étranger pour nous c'est 380 millions d'habitants... Ce ne sont pas les 60 millions et quelques nouveaux nés de la semaine en France qui feront le même marché.
Et quel pays a le plus gros potentiel de croissance ?
Le potentiel de croissance le plus marqué s'observe en Espagne.
Le marché le plus large après la France, c'est la Belgique. Le marché le plus dur après la France, c'est l'Allemagne. Le marché le plus naissant et le plus marquant par sa qualité, c'est la Suisse. La dernière aventure, c'est l'Angleterre.
Et, dernière question, que répondez-vous aux nouvelles rumeurs d'OPA ?
Aujourd'hui, je ne vois personne en situation de vouloir faire une OPA sur notre entreprise car ce ne serait en aucune façon son intérêt.
N'allez pas penser que les actionnaires qui ont fait confiance à Risc Group, qui à ce jour n'en ont reçu aucune récompense marquée (ni par l'écrasement de la bourse qui a consommé notre survaleur, ni par l'absence de distribution de dividende), vont se laisser prendre au sucre et au miel d'un instant d'intérêt d'un grand groupe qui voudrait faire une OPA. Vous, vous vendriez vos actions à 0,50 ou 0,60 alors que vous les auriez payé 3 euros ? Bon, je pense néanmoins que quelques actionnaires ont une réflexion qui leur est propre et qui estiment qu'une OPA serait un bon destin pour eux.
Il est possible qu'un groupe veuille tenter l'OPA. Si quelqu'un devait le faire, je pense que ça ne pourrait être qu'un industriel qui verrait dans le profil de notre entreprise une équation de survaleur. Mais aujourd'hui, j'ai beau regardé l'ensemble du catalogue, il y a très peu d'opérateurs qui puissent être tentés par une telle opération.
Qu'un investisseur pur et dur veuille le faire, c'est une autre question...
Propos recueillis par Marjorie Encelot
- 28 Janvier 2009 - Copyright © 2006 www.easybourse.com
© Easybourse 2009