
Depuis près d'un mois, l'américain Anheuser-Busch, producteur de la célèbre bière Budweiser, tentait de résister. Il a finalement accepté lundi l'offre de rachat d'InBev qui a porté sa proposition de 46 miliards de dollars à 52 milliards (32,7 miliards d'euros) en cash.
Cette acquisition s'inscrit de fait dans la vaste consolidation du secteur déjà amorcée il y a sept mois par la reprise de Scottish & Newcastle par le danois Carlsberg et le néerlandais Heineken pour 10,5 milliards d'euros.
Grâce à cette opération, le brasseur propriétaire de la marque Stella Artois va pouvoir mettre la main sur près d'un quart du marché mondial de la bière et surtout, prendre enfin position aux Etats-Unis où Anheuser détient déjà 48,5% du marché.
Complémentarités
Selon le président d'InBev, Carlos Brito, «ce rapprochement va créer un groupe plus fort et plus compétitif, avec un portefeuille de marques et un réseau de distribution inégalés dans le monde».
Les deux groupes sont en effet très complémentaires géographiquement. InBev détient des positions de leader dans une dizaine de pays où l'américain est peu présent, tandis que le brasseur belgo-brésilien n'a jamais réussi à s'implanter aux États-Unis.
Le nouveau groupe compte aussi se développer en Asie, notamment en Chine et au Mexique où Anheuser était présent via des participations minoritaires.
Né en 2004, le groupe InBev est issu de la fusion du belge Interbrew et du brésilien AmBev. Avec une capacité de 460 millions d'hectolitres et 26,6 milliards d'euros de chiffre d'affaires, le nouveau groupe, Anheuser-Busch InBev, devrait être plus imposant que le numéro deux mondial SAB Miller, avec potentiellement 26% du marché mondial en volume.
Au total, InBev vise des synergies annuelles de 1,5 milliard de dollars à l'horizon de 2011, notamment grâce à des négociations plus faciles avec les fournisseurs. A cette heure où le prix des matières premières ne cesse de grimper, tout pousse à la concentration.
L'opération vient donc à point, d'autant qu'InBev a dû essuyer un premier trimestre difficile, marqué par des volumes de vente en recul de 0,4% et des coûts qui ont augmenté de 9,9 %.
L'opération devrait être financée essentiellement par endettement et prévoit des cessions d'actifs, de la part des deux groupes, à hauteur de 7 milliards de dollars, et dans les six mois après la fusion, une augmentation de capital.
C.S.