SAFT : Démonstration à faire
Forces : savoir-faire, développement dans de nouveaux marchés
Faiblesses : concurrence forte, situation financière lourde
Raisons de la Recommandation :
Le marché s’était enthousiasmé pour la coentreprise que la société avait fondée avec l’équipementier américain Johnson Controls, dont elle détenait 49 %. Il y voyait une formidable opportunité d’accéder à un marché certes de long terme, mais prometteur, celui des batteries pour automobiles, avec un accès aux constructeurs américains facilité par son partenaire. Jusqu’au printemps dernier, où l’américain a décidé de mener une action en justice en raison de « désaccords portant sur la direction future et le champ de coopération » ; ce qui bien évidemment a déçu les investisseurs. Le désaccord vient de ce que la société américaine envisageait d’élargir le champ d’application des produits de cette coentreprise à des secteurs où SAFT intervient déjà, ce qu’elle n’a évidemment pas accepté. Heureusement, plutôt qu’une longue procédure judiciaire, un accord a été trouvé cet automne, avec la cession par Johnson de sa participation dans cette filiale. SAFT est désormais libre de suivre sa propre stratégie dans le secteur automobile, ce qui peut malgré tout interpeler.
En effet, sur ce métier, des concurrents sérieux disposent déjà de positions bien affirmées et leur taille est plus importante que celle de SAFT, à l’image d’Hitachi par exemple. Sans compter que les constructeurs automobiles eux-mêmes ont leurs propres joint-ventures dans le cadre de leur intégration verticale. Même si le management affirme disposer des ressources nécessaires à ce développement, il est probable qu’il se heurtera à des intervenants attirés également par ce marché que l’on promet à un bel avenir, mais où la taille compte beaucoup. Il faut en effet pouvoir intervenir sur l’ensemble de la planète, ce qui suppose des moyens financiers très importants. Pour mémoire, la filiale commune visait un chiffre d’affaires de 175 m$, avec un résultat opérationnel équilibré à partir de 2012 / 2013.
Pour autant, dans ses métiers traditionnels, SAFT dispose de positions fortes, acquises grâce à un savoir-faire reconnu, dans des spécialités comme le stockage d’énergie pour les réseaux de télécommunications, l’énergie renouvelable ou le transport ; secteurs dans lesquels elle détient souvent la place de leader mondial des batteries de lithium-ion de haute technologie. Elle produit également des piles lithium-ion pour les satellites ainsi que des piles au lithium primaire pour l’électronique et la défense, ce qui,dans ce dernier domaine, la rend toutefois tributaire des budgets des Etats.Ce sont d’ailleurs ces positions fortes qui lui avait au final permis de ne pas trop mal traverser la crise de 2009, et de connaître un exercice 2010 qui avait renoué avec la croissance, tout en préservant ses marges. La diversité des applications de ses produits dans une grande variété de métiers lui assure une répartition des risques en même temps qu’une récurrence des ventes, notamment dans le militaire, où elle représente plus de la moitié de l’activité étant donné qu’il s’agit de batteries de remplacement. Par conséquent, aller seule dans la production de batteries pour l’automobile constitue donc un pari qui peut paraître risqué.
Cette année au premier semestre, le chiffre d’affaires avait progressé de 9,8 % à 311 m€, à change constants, et malgré un troisième trimestre moins dynamique, sur neuf mois, les ventes avancent malgré tout de 8,5 % à taux de change constants, ce qui permet à la société de confirmer ses prévisions, à savoir une croissance d’au moins 7 % pour le chiffre d’affaires, à changes constants, avec une marge d’Ebitda comprise entre 17 et 17,5 %, mais entre 18 et 18,5 %, retraitée de l’impact des coûts de l’usine américaine construite pour la filiale.
Objectifs de cours:
Les résultats finaux porteront nécessairement les traces du désaccord avec Johnson Controls, puisque la société a déjà investi dans l’usine construite aux USA, ce qui a pesé pour 3,2 m€ dans les comptes du premier semestre. Ils subiront également le contrecoup de l’augmentation du prix du nickel et d’un effet de change défavorable ; le bénéfice net semestriel est revenu de 22,8 m€ à 15,8 cette année. Les prévisions du consensus se sont ajustées, avec un bénéfice par action estimé légèrement inférieur à celui de 2010, compris entre 1,37 et 1,45 €. Pour l’an prochain, la progression devrait reprendre avec une première approche autour de 2 €. Sauf à ce que l’aventure dans l’automobile ne pèse encore sur les comptes.
La société va donc devoir démontrer qu’elle peut mener seule ce projet; si elle y parvient, le cours de l’action reprendra de la hauteur, alors qu’il est, à 21 €, dans le bas de la fourchette dans laquelle il fluctue depuis son introduction en bourse qui remonte à six ans, les hauts se situant vers 35 / 40 €. Sans aller jusque-là, un retour vers 25 / 28 € témoignerait de craintes dissipées.Marc Bouche Copyright (c) 2012 Zonebourse.com / Combho SAS
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Valorisation |
2012e |
2013e |
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PER (Cours / BNA)
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9,41x |
8,62x |
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Capitalisation / CA
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0,71x |
0,66x |
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Valeur Entreprise / CA
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0,83x |
0,73x |
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Valeur Entreprise / EBITDA
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4,90x |
4,35x |
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Rendement (DPA / Cours)
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4,28% |
4,57% |
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