| Une Big Cap en panne ? |
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05/02/2008 | 11:28 |
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Métiers : Bâtiment, Matériaux de construction, Verre
Marché, Positionnement : l’un des leaders mondiaux, n° 1 européen en distribution de matériaux
Forces : recentrage sur l’isolation et développement en Asie, pour rééquilibrer les activités
Faiblesses : portefeuille d’activités large, tributaire du cycle économique, notamment de la construction
Raisons de la Recommandation :
Dans des marchés difficiles, à un moment où l’on dit qu’il est temps de se réfugier sur des « Big Cap », il est quand même prudent de savoir dans quoi l’on investit. Saint-Gobain en est l’illustration, dont les bénéfices 2008 sont difficiles à appréhender.
Episodiquement le titre subit des déconvenues violentes : en 1990, en 2000 et maintenant, il perd à chaque fois autour de 50% de sa capitalisation, voire plus. Alors, faut-il s’y intéresser à nouveau ? Si l’on raisonne à très long terme sans doute, mais à l’horizon d’un an, c’est peut-être encore trop tôt : après chaque cassure constatée, il a fallu plusieurs exercices pour que le cours se réapprécie. Et les estimations pour 2008 sont floues.
L’activité de Saint-Gobain est assez exposée au cycle économique et actuellement, l’immobilier américain, même s’il est loin d’être prépondérant dans le CA (un peu plus de 10%), pèse comme une chape sur les perspectives. L’Europe représente les trois quarts de son CA mais la conjoncture est attendue en ralentissement également, y compris dans le secteur de la construction, où des marchés comme l’Espagne par exemple sont en forte décélération. Son recentrage sur l’habitat et les économies d’énergie ne sera probablement pas suffisant pour lui épargner un passage à vide de son activité.
En plus, les résultats 2007 annoncés sont assez mitigés. Dans un contexte de marché difficile, les opérateurs préfèrent disposer d’une bonne visibilité, ce qui n’est pas le cas ; avec un chiffre d’affaires et un résultat opérationnel en hausse respectivement de 4,4 et 10%, le résultat net, lui, a quand même reculé de 9% ; mais l’on retiendra avant tout l’aveu du président qui considère que pour 2008, « l’année n’est pas facile à lire, il existe des incertitudes économiques particulièrement importantes ». S’ils ont le mérite de la franchise, ce que l’on appréciera, ces propos n’engagent pas à investir dans le titre, même si les perspectives positives à échéance 2010 ont été maintenues. Mais c’est loin. D’ailleurs à l’annonce, en deux séances, et malgré un prix déjà faible, le cours a encore perdu 10%.
Par ailleurs, l’arrivée de Wendel au tour de table complique un peu plus les choses. Il n’y a pas si longtemps, le marché avait prêté à des fonds l’intention de s’attaquer à la valeur, dans le but de la revendre par appartement, mais rien ne s’est passé. Avec un actionnaire comme Wendel, qui détient environ 18% du capital, même non sollicité, la tâche devient moins évidente pour eux. A moins que pour se tirer du mauvais pas dans lequel il semble pour l’instant s’être mis, Wendel accepte de participer à une telle opération. Peu probable, ce n’est pas le genre de la maison, et cela nuirait gravement à son image d’actionnaire de référence, qui accompagne ses investissements, toujours qualifiés de « long terme et d’industriels ». Il serait sans doute plus enclin à poursuivre sa montée au capital ; cela sera-t-il suffisant pour faire remonter le cours ? Nous en doutons. Alors ?
Objectifs de cours:
Alors, peu de choses à retenir pour l’instant ; malgré son statut de big cap, Saint-Gobain, même au cours actuel de 54 - 55 €, n’est pas forcément la valeur de protection à mettre en portefeuille. Bien sûr, après une baisse assez linéaire depuis plusieurs mois, il est probable qu’un rebond se produise. D’autre part, les ratios sont faibles, la valorisation n’est pas très éloignée de l’actif net, et le rendement du dividende intéressant, mais les estimations de bénéfices pour 2008 et 2009 restent bien aléatoires. Un cours de 60 – 65 € reflèterait peut-être davantage la vraie valeur, mais il suffirait que les économies européenne et asiatique soient plus faibles qu’escompté pour que le cours traverse encore quelques trimestres difficiles. Nous nous abstenons sur la valeur mais suivons de près son environnement.
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Marc Bouche Copyright (c) 2008 Zonebourse.com / Combho SAS |
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