SOCIETE GENERALE : Un business model contrastant avec celui de Svenska Handelsbanken
17/04/2012 | 00:00Alphavalue - Svenska Handelsbanken (SH) partage une seule chose avec SocGen le fait d’avoir une capitalisation boursière d’environ 14Mds€. Pour être plus précis, au cours des 5 dernières années, SocGen a perdu environ 80% de sa capitalisation boursière tandis que celle de SH est restée à peu près stable.
SocGen se traite désormais à environ 30% de ses fonds propres contre 125% pour SH. Concernant le rendement, la chute abrupte de la valorisation de SocGen ne s’est même pas traduite par un rendement 2012 plus élevé à 4% contre 5% pour SH.
En comparant une banque de proximité réputée ennuyeuse avec une banque française universelle qualifiée d’ambitieuse, car trempée dans une solide couche de banque de marchés, la preuve est faite que le modèle français de la banque universelle est condamné. La spécialisation d’Handelsbanken sur la banque de détail sans éclat se concentre sur la relation client que l’on peut opposer aux conflits d’intérêt de la banque « universelle », égarée sur les produits de transaction. 96% des résultats de SH proviennent de la banque de détail couvrant les besoins de ses clients suédois, particuliers et entreprises. Après 5 années de crise, tout semble aller à l’encontre de SocGen. Un bilan boursouflé avec des prêts ne représentant plus que 33% du total des actifs contre 65% pour SH, un ratio core Tier 1 2011 de 9% contre 15,6% pour SH, un coefficient d’exploitation de 66% contre 47% pour SH. Conclusion évidente? Bien sûr, mais cela l’est encore plus quand on le dit clairement. Le véritable coup de grâce dans l’approche française de la banque universelle a été et demeure la liquidité comme l’a montrée la crise de trésorerie humiliante vécue par les banques françaises au cours du S2 2011, alors à la recherche désespérée de financements à court terme en dollar. Pour mettre les choses en perspective, les banques françaises restent à environ 50% de l’objectif du ratio de liquidité à court terme défini par Bâle III (pour 2015) alors que SH est -- d’ores et déjà -- bien au-dessus de 100%, proche de 200% à vrai dire... Il n’y a aucun doute que le coup de massue sur SocGen a été un peu trop brutal comme le suggère un potentiel de hausse d’environ 57%. Il n’y aucun doute non plus que les marchés ont parfaitement identifié les excellents fondamentaux de SH qui laissent un potentiel de hausse nécessairement limité (12%). Le point saillant demeure en fait que les conseils d’administration et les dirigeants de banques françaises doivent encore remettre à plat leur business model.