SOITEC : Virages
|
Analyse du 02/06/2011 | 09:59
|
Eligible au PEA / SRD : OUI / OUI EURONEXT PARIS Semi-conducteurs |
Nous avions laissé la société fin 2009 dans le creux de l’activité, avec des comptes détériorés du fait de la crise qui sévissait alors. Dix neuf mois ont passé depuis, les choses ont évolué, le futur est différent, mais le cours de l’action est identique, vers 10 €. Dans le métier historique de l’entreprise, les résultats se sont améliorés pour l’exercice achevé en mars, avec un chiffre d’affaires qui, après avoir plongé de 372 m€ en 2007 à 213 deux ans plus tard, est remonté à 281 m€ cette année. Sans pour autant cependant que le résultat soit bénéficiaire, puisqu’il enregistre encore une perte de 19,4 m€ (contre - 44 et - 43 m€ en 2010 et 2009) due à une charge financière, et que le résultat opérationnel de 1,9 m€ est inférieur aux 4 à 5 attendus par la place. Néanmoins le redressement est bien en cours, ce que l’exercice actuel devrait confirmer.
Mais ce qui a surtout retenu l’attention des investisseurs depuis quelques mois, c’est la diversification menée vers d’autres relais de croissance, ce qui est une excellente chose. Avec un marché du SOI très cyclique et assez mature, il fallait se tourner vers des créneaux plus porteurs, c’est ce qu’a fait le management avec la reprise de la société allemande Concentrix Solar en décembre 2009, qui l’a fait se tourner vers l’énergie solaire et les systèmes photovoltaïque à concentration (CPV), et avec l’accord passé fin 2010 avec le japonais Sumitomo qui l’oriente vers l’éclairage LED. Compte tenu de son expérience avec ses propres produits, la transition vers ces nouveaux métiers devrait s’opérer sans trop de difficultés sur le plan industriel ; ils se rapprochent de l’activité traditionnelle de la société en ce sens qu’il s’agit de technologies très pointues que l’on pourrait qualifier de « découpages », qui requièrent un savoir-faire de précision et de traitement que Soitec maitrise, et qui concernent des applications susceptibles, comme le SOI, d’abaisser la consommation d’énergie. Ils diffèrent cependant de par leur taille, là où le marché SOI se compte en centaines de millions de dollars, ceux des LED et du CPV sont estimés dans quatre ou cinq ans à venir en milliards, voire en dizaines de milliards de dollars. Notons cependant que la concurrence est également à la hauteur.
Outre l’accord passé avec Sumitomo qui en plus des diodes LED concerne également les systèmes d’alimentation électrique pour les véhicules électriques et hybrides, la société a noué des partenariats avec de grands intervenants, comme l’américain Tenaska Solar Ventures pour l’installation d’une ferme solaire de 150 MW utilisant la technique CPV, avec Johnson Controls pour celle de centrales solaires, et avec Schneider Electric pour les connexions électriques. Tout récemment, deux contrats ont été annoncés avec le fournisseur d’électricité San Diego Gas & Electric, pour la fourniture de 125 MW d’énergie solaire, contrats d’une durée de 25 ans.
A terme, c’est bien le profil industriel de l’entreprise qui va se trouver transformé, et sera moins cyclique. Son activité reposera sur trois métiers, dont le dirigeant a indiqué récemment qu’il envisageait qu’ils représentent ultérieurement chacun un tiers du chiffre d’affaires ; il a d’ailleurs donné un ordre de grandeur en estimant à 350 m$ la valeur du contrat de la future ferme solaire californienne de 150 MW.
Toutefois, il ne faut aller trop vite, la formation de chiffre d’affaires n’est pas pour tout de suite, il va falloir attendre 2013 pour le marché des LED et 2015 pour l’achèvement de la ferme solaire, ce n’est donc que dans deux ou trois ans que cette orientation sera visible. Heureusement, avec les interrogations sur le nucléaire, cette diversification arrive au bon moment et est assez bien perçue, ce qui fait que le titre a bénéficié au printemps du nouvel engouement pour les énergies alternatives. Il n’a toutefois fait que se rapprocher de ses niveaux les plus hauts de 2010, vers 11 / 12 €, avant de revenir en arrière récemment.
Il n’en reste pas moins que les virages sont pris, qu’il faut suivre l’actualité qui devrait rester fournie, et que lors de la présentation des comptes 2011 le management s’est montré assez confiant quant au prochain exercice, qualifiant son activité de « très robuste », notamment pour son métier traditionnel attendu en croissance de plus de 20 %. Si l’on additionne ces deux facteurs, un redressement sensible des comptes et une orientation nouvelle ambitieuse, la société a tout pour séduire des investisseurs qui acceptent de patienter quelques semestres, bien qu’il soit difficile de déterminer un objectif de cours à un horizon aussi éloigné.
On peut malgré tout estimer que dans les mois à venir le cours, porté par l’annonce de nouveaux accords, puisse dépasser ses plus hauts de 2010 et se rapprocher de 13 €. Au-delà, trop d’inconnues empêchent d’effectuer des estimations fiables. L’action est réservée aux investisseurs avertis.Marc Bouche Copyright (c) 2012 Zonebourse.com / Combho SAS
| Partager sur |
|
|
|
|
|
|
Avertissement : Les analyses réalisées par la société Surperformance, éditrice du site zonebourse.com, n'ont aucune valeur contractuelle et ne constituent en aucun cas une offre de vente ou une sollicitation d'achat de valeurs mobilières ou autre produit financier. La responsabilité de la société Surperformance ainsi que ses dirigeants et salariés ne saurait être engagée en cas d'erreur, d'omission ou d'investissement inopportun.
Les informations, graphiques, chiffres, opinons ou commentaires rédigés par les équipes de rédaction de Surperformance éditrice du site zonebourse.com s‘adressent à des investisseurs disposant des connaissances et expériences nécessaires pour comprendre et apprécier les informations qui y sont développées. Ces dernières sont diffusées à titre purement indicatif, Surperformance ne peut en garantir l’exactitude ou la fiabilité.
|
|
|