SUEZ ENVIRONNEMENT : Plus seulement distributeur
L’an dernier nous avions mis l’accent sur le fait que l’entreprise, à travers son activité de traitement de déchets, s’était trouvée tributaire de la croissance économique ; nous avions souligné que ses résultats 2009 avaient été affectés par la baisse des volumes traités, ce qui n’avait pas été bien perçu par le marché lors de son introduction en bourse en 2008, et que l’année 2010 pourrait être une année de stabilisation aux dires de la direction. De fait, le chiffre d’affaires a progressé de 12 %, le résultat brut d’exploitation s’est élevé de 13 % à 2,34 Md€, et le bénéfice net de 40 % à 565 m€, chiffres supérieurs à ce que le management avait anticipé. Avec la croissance revenue depuis, l’exercice en cours devrait poursuivre sur cette tendance au redressement.
Cette année nous voudrions insister sur un aspect du métier de la société que le marché n’a pas forcément encore intégré. La semaine dernière, le pays a adopté son premier plan gouvernemental d’adaptation au changement climatique, et, parmi les différentes mesures règlementaires qui le composent, la protection des ressources en eau figure en bonne place et constitue même une priorité. Ces mesures visent entre autres à limiter la déperdition dans les réseaux du fait de leur vétusté, déperdition qui peut représenter jusqu’à 20 % des volumes d’eau écoulés. Avec le réchauffement climatique désormais reconnu, l’eau d’une manière générale commence à devenir une préoccupation planétaire ; son accès l’est déjà bien sûr dans les pays qui souffrent du stress hydrique, mais elle le devient également avec le développement des grandes métropoles, de même que son utilisation à travers son traitement.
Ces deux aspects étroitement liés font que les intervenants du secteur ont recours à des techniques de plus en plus sophistiquées, comme les réseaux intelligents, qui consistent à non seulement détecter les fuites mais aussi à contrôler en permanence et en temps réel la consommation ; ces techniques passent par l’utilisation de capteurs et de compteurs dits intelligents, qui commencent seulement à être installés, et dont le potentiel de développement se chiffre en milliards d’euros. Des alliances voient le jour, comme celle que la société a passé avec une filiale de General Electric, dans le but d’analyser les flux de l’eau distribuée, de les gérer à distance et d’anticiper les pics de consommation par exemple. Les stations d’épuration sont les premières équipées, qui disposent de systèmes sophistiqués d’autosurveillance ou de bases de gestion de données. Si l’ont intègre le recyclage qui permet de réutiliser les eaux usées à des fins d’irrigation, le dessalement de l’eau de mer, ou les procédés de méthanisation en évolution constante pour obtenir le meilleur rendement et les meilleurs résultats possibles, l’on s’aperçoit que l’on s’éloigne de plus en plus du maillage du territoire pour assurer le bon fonctionnement de la simple distribution dans des tuyaux. De concessionnaire, l’entreprise devient prestataire de services, au cœur d’une thématique qui repose sur la tendance lourde de la protection de l’environnement.
En matière de traitement des déchets, il en va de même, cette activité s’inscrit aussi dans le développement d’énergies de substitution comme la biomasse ou la récupération de chaleurs des déchets industriels. Elle nécessite également l’usage de technologies pointues pour veiller au respect de l’environnement, améliorer les conditions d’exploitation. Là encore le nombre croissant et l’extension de grandes métropoles qui créent des besoins en infrastructures, le respect de la réglementation toujours plus exigeante, ne peuvent être abordés que par des sociétés de taille mondiale.
Sur ces deux métiers, Suez Environnement est deuxième acteur mondial derrière Veolia, deux fois et demi plus gros, mais sa taille lui confère plus de souplesse et sa meilleure situation financière constitue un atout important. L’acquisition en 2009, mais finalisée en 2010, de la société espagnole Agbar l’a faite changer de dimension et lui a ouvert les portes d’un pays qui doit se doter d’importantes infrastructures pour se conformer à la réglementation européenne.
Objectifs de cours:
L’exercice 2010 a probablement commencé à être celui du redressement, qui devrait se trouver amplifié cette année avec l’intégration d’Agbar ; le premier trimestre s’est déroulé dans la poursuite de 2010, avec une hausse de 29% du résultat brut d'exploitation, et pour l’exercice entier, le management a confirmé viser une croissance d'au moins 5% de son chiffre d'affaires, d'au moins 10% de son résultat brut d'exploitation à taux de change constants et un bénéfice net de 425 m€. Les résultats du premier semestre devraient être connus prochainement ; il faudra surtout regarder le niveau de la marge d’exploitation, le résultat net lui devrait être en retrait, celui du premier semestre 2010 comportait d’importantes plus values.
La publication de ces chiffres pourrait affecter le cours, que les incertitudes sur les dettes souveraines ont ramené vers 13,50 €, niveau que nous jugeons attrayant, puisqu’il capitalise 14 fois le bénéfice estimé pour cette année mais 13 fois celui de l’an prochain. Il nous semble ne pas prendre en considération le changement de métier auquel l’entreprise, qui n’est plus seulement un distributeur d’eau, mais un technicien de tout le cycle. La société dispose d’un caractère « vert » que le marché pourrait valoriser davantage dans les prochaines années.
Marc Bouche Copyright (c) 2012 Zonebourse.com / Combho SAS
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Valorisation |
2012e |
2013e |
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PER (Cours / BNA)
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11,5x |
10,3x |
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Capitalisation / CA
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0,33x |
0,32x |
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Valeur Entreprise / CA
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0,83x |
0,81x |
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Valeur Entreprise / EBITDA
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5,02x |
4,68x |
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Rendement (DPA / Cours)
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6,66% |
6,86% |
| Profitabilité |
2012e |
2013e |
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Marge d'exploitation (EBIT / CA)
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8,37% |
8,65% |
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Levier opérationnel (Delta EBIT / Delta CA)
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10,1x |
2,10x |
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Marge Nette (RN / CA)
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2,97% |
3,17% |
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ROA (RN / Total Actif)
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3,93% |
4,04% |
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ROE (RN / Capitaux Propres)
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8,80% |
9,43% |
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Ratio Versement Dividende
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76,7% |
70,5% |
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