| L’avertissement de trop, ou le dernier ? |
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04/02/2008 | 16:10 |
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Métiers : Ingénierie, projets clés en main
Marché, Positionnement : N° 1 français, l’un des leaders mondiaux ; intervient principalement dans l’énergie
Forces : Situation financière saine, contrats à long terme, secteur porteur
Faiblesses : Tributaire des coûts des matières premières et des changes ; marges difficiles à apprécier
Raisons de la Recommandation :
Et de trois ! Pour la troisième fois en quatre ans le groupe lance un nouvel avertissement sur ses résultats. A chaque fois pour des raisons presqu’identiques : des hausses de coûts qui viennent compromettre la rentabilité de certains gros contrats, et qui obligent le groupe à revoir drastiquement ses estimations de bénéfices. Sans être méchant, on croirait revivre les problèmes d’Alsthom avec les turbines reprises à ABB ! Et, faut-il y voir un lien de cause à effet, la société nomme dans la foulée une nouvelle responsable de la communication.
C’est en effet très bien d’annoncer l’obtention de contrats en permanence sur le globe, mais si ceux-ci ne rapportent pas ce que l’on espère et contraignent à des révisions douloureuses, à quoi bon ? Avec les marchés susceptibles comme ceux que l’on traverse actuellement, ce genre de nouvelles n’est pas fait pour favoriser les cours.
Evidemment, on ne peut que louer la direction de nous informer, de mettre à niveau ses comptes, de revoir la rentabilité de son portefeuille, mais à trop renouveler ce type d’annonces, le groupe risque de perdre de sa crédibilité. Le marché a horreur de l’incertitude, et va désormais se poser la question de savoir si le carnet de commandes recèle encore des provisions futures.
C’est dommage, car le secteur de l’énergie est très porteur, la visibilité assez bonne, et les investisseurs seraient tentés de le privilégier. Mais si à chaque exercice ils doivent s’interroger sur la rentabilité finale d’un contrat à long terme, qui est quand même censé apporter une récurrence d’activité, ils ne vont pas accepter de parier, au plein sens du terme, à chaque fois sur le taux de rentabilité finale. Le sérieux et le crédit de Technip risquent d’en pâtir.
C’est en plus la même société qui annonçait mi novembre que son chiffre d'affaires serait de l'ordre de 8 milliards d'euros, ce qui a été confirmé, et que « le résultat opérationnel courant bénéficiera des fortes performances de notre activité SURF ». Soit, mais elle le situe maintenant, après 270 millions de charges exceptionnelles, à 240 m€, contre 360 un an plus tôt ! SURF semble fonctionner en effet, mais certains contrats bien moins!
Et surtout, se pose la question de savoir si dans le futur d’autres provisions vont devoir être passées. Mais bon, retenons la franchise du groupe et n’hypothéquons pas l’avenir. La sanction a déjà été sévère, puisque depuis 2006, le cours de l’action n’a pas brillé par son parcours, dans un marché plutôt bien orienté jusqu’à un passé très récent.
Objectifs de cours:
Toujours est-il qu’à 45 - 46 € nous ne sommes pas acheteurs de la valeur, dont les résultats définitifs seront dévoilés dans quelques jours. Prévenu, le marché ne devrait pas l’entraîner bien plus bas, encore que ! Une nouvelle déception ou un mot malheureux pourrait bien faire descendre le cours en dessous de 40 €. Dans l’hypothèse inverse, le potentiel de hausse nous semble malgré tout limité vers 50 - 55 €, tant que le marché n’aura pas la certitude que la page des provisions est définitivement tournée. Espérons que la nouvelle directrice de la communication, qui connaît bien le milieu des analystes, saura faire preuve de doigté. |
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Marc Bouche Copyright (c) 2008 Zonebourse.com / Combho SAS |
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