US Dollar / Japanese Yen (USD/JPY) : Le Japon peut-il vraiment enrayer la hausse du Yen ?
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Analyse du 17/09/2010 | 08:57
Opinion : En surveillance. Surveiller la sortie du range 83 JPY/ 87.5 JPY
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La devise japonaise a concentré les attentions ces derniers temps et continue d’être la cible de bon nombre de spéculations. D’abord parce qu’il évoluait dans ses plus hauts depuis quinze ans face au billet vert depuis le mois d’Août dernier, ensuite en raison des élections le 14 septembre pour la tête du Parti Démocrate du Japon (PDJ) au pouvoir, et finalement à cause de l’intervention des autorités sur le marché des changes.
Le Yen est en effet devenu l’enjeu principal du dernier scrutin qui opposait le Premier ministre en place, Naoto Kan à l’influent Ichiro Ozawa, la force affichée de la monnaie nippone pénalisant les exportations et la reprise économique de l’Archipel.
Alors qu’Ozawa, favorable à une intervention du gouvernement sur sa devise pour contrer son appréciation, semblait bénéficier de davantage de soutien au sein du PDJ, le verdict des urnes a pourtant bien proclamé la victoire par Ippon du chef du gouvernement, qui conserve ainsi son poste. Et comme Kan paraissait moins pressé d’agir sur les changes, ce résultat a immédiatement provoqué une nouvelle vague d’achat de yens jusqu’à 82.86 yens pour un dollar avant que le mouvement ne soit finalement contré dès le lendemain par les autorités, propulsant la monnaie américaine proche de 86 yens.
Le ministère des finances a effectivement confirmé l’intervention, réalisée par l’intermédiaire de la Banque du Japon (BOJ), sans concertation avec les autres banques centrales. Le Premier ministre fraichement réélu à la tête de son parti a par ailleurs indiqué : « le Japon agira de façon résolue sur le marché des changes si nécessaire » avant d’ajouter : « nous sommes déterminés à ne pas permettre des fluctuations rapides du Yen ».
Mais un pays peut-il dicter à lui seul une conduite au marché ?
Selon la presse locale, le Japon a vendu un total de 2000 milliards de yens (environ 18 milliards d’euros) sur les places de Tokyo, Londres et New-York le 15 septembre. Ce montant est faible si on le compare aux 35000 milliards de yens (plus de 300 milliards d’euros aux parités actuels) dépensés en 2003-2004 lors de la dernière intervention du même type, il y a 6 ans ½. En conséquence, il est probable que l’ampleur de l’implication nippone ne soit pas suffisante pour enrayer à terme la tendance du marché, surtout sans la coopération d’autres pays.
Car le Japon n’est pas le seul à souffrir d’un ralentissement économique. En Europe comme aux Etats-Unis, une devise trop forte pénaliserait la relance. Outre-Atlantique, on suggère même que la Federal Reserve pourrait avoir recours à de nouvelles mesures d’assouplissement monétaire, ce qui provoquerait inévitablement une nouvelle pression baissière sur le billet vert.
D’autre part, Tadao Noda, l’un des membres de la BOJ, a précisé que la politique monétaire serait menée indépendamment des interventions des autorités.
Tout porte donc à croire que le marché reprendra le pas sur les injections ponctuelles de l’Archipel. Et un exemple récent illustre parfaitement le phénomène : la banque centrale suisse avait massivement vendu le Franc à plusieurs reprises au printemps dernier pour contrer sa hausse excessive face à la monnaie unique lorsque l’euro valait 1.40 CHF puis s’approchait de 1.30 CHF. Pourtant, le 8 septembre dernier, on obtenait moins de 1.28 CHF pour un euro, un nouveau record historique.
Nous choisissons donc de ne pas accompagner le retracement baissier du Yen et de rester à l’écart de la devise le temps que la main mise des autorités japonaises sur son cours arrive à son terme puis soit digérée par les marchés. Mais il sera judicieux, dans un deuxième temps, de se repositionner dans le sens de la tendance de fond, en initiant une position short sur la parité USDJPY.
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Mathieu Burbau Copyright (c) 2012 Zonebourse.com |