« Il ne faut pas se faire d’illusions, il n’y a pas de solution miracle à ce problème ».
Les discours des gouverneurs de banque centrale sont toujours particulièrement scrutés par les cambistes et orientent souvent les cours, en particulier lorsqu’ils sont aussi explicites. Ici, Philipp Hildebrand, président de la Banque nationale suisse (BNS), avoue clairement son impuissance face aux tendances du marché. Il semble ainsi s’être résigné à ne plus intervenir (du moins sans l’aide concertée d’autres banques centrales) sur le cours du Franc, comme l’institution l’avait entrepris l’année dernière. Il reconnaît en effet que ce type d’opérations à un coût important, la BNS enregistrant une perte de 21 Mds de Francs (16,3 Mds d’euros) en 2010 en raison de l’accumulation de devises étrangères dans son bilan, contre un bénéfice de 10 milliards en 2009.
Par ailleurs, l’argentier suisse a précisé que si la stabilité des prix était assurée à court terme, il est peu probable que l’autorité monétaire puisse maintenir une politique expansionniste à long terme si la croissance se confirme. M.Hildebrand pointe notamment du doigt les importateurs helvétiques qui ne répercutent pas suffisamment la baisse des prix dont ils bénéficient à l’achat dans leurs prix de vente aux consommateurs finaux.
Enfin, les vives tensions en Europe au sujet des possibles restructurations des dettes grecques ou irlandaises et de la situation portugaise devraient également favoriser les arbitrages vers le Franc, considéré comme une valeur sûre.
Graphiquement, la parité USDCHF s’est heurtée à notre résistance court terme en février avant de reprendre le chemin de la tendance de fond, en direction de ses plus bas historiques et de la zone des 0.93/0.9350 CHF pour 1USD. La probabilité de tester à nouveau ces prix ayant augmenté avec les commentaires de M.Hildebrand, il est encore temps de passer vendeurs aux cours actuels dans l’espoir de s’approcher encore une fois de ces seuils records.