VINCI : Vinci vise des marges et un CA stables en 2012
07/02/2012 | 19:33
* CA supérieur aux attentes en 2011, carnet de commandes
record
* Marge opérationnelle à 9,9% l'an dernier contre 10,3% en
2010
* Vers une activité au pire stable en 2012 à cause de
l'Europe
(Actualisé avec précisions et commentaire d'analyste)
par Gilles Guillaume
Vinci a annoncé
mardi s'attendre à une stabilisation de sa marge opérationnelle
en 2012 à son niveau de 2011, dans un contexte de stagnation
attendue de l'activité imputable aux incertitudes économiques en
Europe.
Le numéro un mondial du BTP et des concessions a réalisé en
2011 un chiffre d'affaires de 36,96 milliards d'euros, supérieur
au consensus de sept analystes qui donnait 36,41 milliards
d'euros.
Le CA du groupe a augmenté de 10,7%, une hausse supérieure à
la progression "de l'ordre de 7%" qu'il anticipait jusqu'à
présent.
Le résultat opérationnel sur activité (ROPA) du groupe a
augmenté quant à lui de 6,6% à 3,66 milliards d'euros,
conformément au consensus, et donne une marge de 9,9%.
"Le taux de marge ROPA/CA s'établit à 9,9% du chiffre
d'affaires, contre 10,3% en 2010. Cette évolution résulte de
l'augmentation du poids de la branche contracting dans le total
('effet mix')", a expliqué Vinci dans un communiqué.
L'activité contracting regroupe la construction et
l'énergie, l'un des deux grands métiers de Vinci à côté des
concessions, notamment autoroutières (ASF, Escota, Cofiroute et
Arcour).
Le premier pôle représente 85% du chiffre d'affaires mais
39% seulement du résultat opérationnel, d'où l'ambition du
groupe de renforcer le poids des concessions dans son activité
en rachetant des affaires existantes, notamment des actifs
aéroportuaires.
Vinci était sur les rangs pour les aéroports mis en vente
par l'allemand Hochtief, mais ce dernier a récemment
suspendu l'appel d'offres en raison de la crise grecque -
Hochtief veut vendre notamment l'aéroport d'Athènes. Selon des
sources proches du dossier, il serait maintenant bien placé pour
prendre 40% du premier opérateur d'aéroports turc, TAV
Havalimanlari. (voir ).
INCERTITUDE EN EUROPE
Pour 2012, le groupe envisage "au minimum une stabilisation
de son activité" dans un contexte marqué par des perspectives de
croissance économique plus incertaines en Europe et la
possibilité d'un ralentissement des prises de commandes sur le
continent dans certains segments ou dans certaines zones
géographiques.
Fin janvier, le PDG, Xavier Huillard, avait indiqué à
Reuters que les prises de commandes en France pourraient être
moins vigoureuses sur les prochains mois en raison
d'interrogations sur le financement des collectivités.
.
"Le groupe reste confiant et se fixe l'objectif de maintenir
ses taux de marges opérationnelles par rapport aux bons niveaux
atteints en 2011", a poursuivi Vinci.
Il compte pour cela sur une légère progression des recettes
de péage et aborde l'année avec un carnet de commandes de 30,6
milliards d'euros dans le contracting, en hausse de 18% et à son
plus haut niveau historique.
"La position vigoureuse du carnet de commandes vient étayer
leurs prévisions", commente un analyste du secteur sous couvert
d'anonymat. "De manière générale, leurs commentaires sur 2012
sont rassurants; nous pensons qu'au cours actuel, l'action est
intéressante et que ces chiffres devraient entraîner demain une
réaction positive à la Bourse."
Avant cette publication, l'action du groupe a clôturé à
36,83 euros (-0,37%), donnant une capitalisation boursière de
20,87 milliards. Depuis le début de l'année, le titre a
progressé de 9,1% après avoir abandonné 17% en 2011.
Vinci, qui a dégagé l'an dernier un résultat net, part du
groupe, de 1,9 milliard d'euros (+7,2%), se propose de verser un
dividende de 1,77 euro par action (+6,0%) au titre de l'exercice
écoulé.
Sa dette nette du groupe, héritée en grande partie de
l'acquisition des autoroutes françaises lors de leur
privatisation en 2005, a baissé l'an dernier de 3,6% à 12,59
milliards d'euros.
* Le communiqué de Vinci:
http://link.reuters.com/beb56s
(avec Elena Berton, édité par Marc Angrand)