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Amazon, Tesla, Netflix : Contes de Fées vs. Réalité

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28/10/2017 | 11:01

Le marché perd-il la tête, ou croît-il aux comptes de fées ?

Selon la théorie financière classique – et le bon sens paysan – la valeur d'un actif résulte de la somme des cash-flows qu'il sera susceptible de mettre dans la poche de ses propriétaires au long de sa durée de vie, moins le coût du capital et une prime de risque.
 
A ce titre, les investisseurs s'évertuent à détecter des actifs dont la profitabilité future est sous-estimée (ou le coût du capital surestimé) : ils saisissent ainsi l'opportunité de réaliser une plus-value lorsque la réalité éclate au grand jour, et que le marché réévalue le prix de l'actif.
 
Mais ça, c'était avant.
 
Malgré un communiqué de presse triomphant et une impressionnante croissance du chiffre d'affaires, la profitabilité d'Amazon demeure sous pression. 
 
Le profit cash ("free cash-flow") diminue d'un milliard par rapport à l'exercice précédent (de $9 milliards en 2016 à $8 milliards cette année). En cause : $3 milliards supplémentaires investis dans les immobilisations.
 
En dépit des indéniables mérites de ses différents services, et de sa position compétitive toujours plus remarquable, Amazon n'a pas encore prouvé sa capacité à durablement générer du profit cash pour ses actionnaires.
 
Ceci n'empêche pas la compagnie de s'échanger en bourse à un multiple de près de soixante fois ses profits cash, soit un rendement sur bénéfice de 1,66%. 
 
Le vote de confiance est pour l'instant absolu ; si les projections de profitabilité du marché ne se réalisent pas, en revanche, le réveil sera brutal.
 
La situation est autrement plus préoccupante chez Tesla. Son très photogénique CEO Elon Musk continue de formuler des promesses au-delà du raisonnable, tandis que le constructeur continue de délivrer des résultats en-deçà des attentes. 
 
Les ventes des modèles existants déçoivent, d'agressives promotions compressent encore plus sa marge brute, et la production de la très attendue Model 3 bute sur de graves difficultés. 
 
Nous le soulignions dans notre analyse de Renault : produire à grande échelle est à la fois une condition de survie et un avantage compétitif précieux dans l'industrie automobile. 

Trop nouveau, trop petit, trop peu capitalisé, Tesla semble tout simplement incapable d'y parvenir.
 
La compagnie s'échange en bourse à hauteur de $54 milliards, sans avoir jamais généré le moindre profit cash pour ses actionnaires. Au contraire, leurs participations sont diluées chaque année via de nouvelles émissions d'actions.  
 
A moins que Tesla ne devienne très rapidement l'équivalent américain d'un Porsche, le réveil du marché risque ici aussi d'être brutal.
 
Comment ne pas non plus mentionner le cas de Netflix, dont le prix de l'action continue de grimper en dépit d'un profond changement de paradigme dans l'industrie du streaming – et plus largement dans l'industrie des médias et des divertissements ? 
 
La compétition fourbit ses armes, à commencer par celle d'Amazon et de Disney, deux formidables concurrents beaucoup mieux capitalisés. 
 
En parallèle, les producteurs de contenus – comme Starz ou Time Warner – durcissent les conditions d'accès à leurs bibliothèques (ou, pour dire les choses comme elles sont, exigent leur part du gâteau), et investissent pour s’émanciper de la plate-forme de Netflix.
 
La compagnie s'échange en bourse à hauteur de $85 milliards. Comme Tesla, elle n'a jamais généré un centime de profit pour ses actionnaires, et continue de creuser ses pertes ($1,4 milliards sur les neuf premiers mois de l'année 2017) dans d'agressives promotions destinées à acquérir davantage d'utilisateurs.  
 
Son CEO Reed Hastings s'est offert une déclaration pas piquée des vers dans sa dernière conférence aux investisseurs : "En quelque sorte, les pertes indiquent un énorme succès".
 
Celle-ci pourrait très prochainement rejoindre le panthéon comique de l'histoire de la finance (déjà bien fourni) !
 
Le prix de l'action Amazon a progressé de +47% cette année, le prix de l'action Tesla de +50%, et le prix de l'action Netflix de +60%. Le marché perd-il la tête, ou croît-il aux comptes de fées ?
 
Pendant ce temps, les compagnies selectionnées dans nos trois portefeuilles continuent d'aligner des profits records, de défendre de véritables bilans-forteresses, et de s'échanger à des valorisations raisonnables. 
 
 

Carl Cantor
© Zonebourse.com 2017
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