Analyse sectorielle / Aéronautique Défense
16/03/2010 | 16:40Contexte. En 2009, pour la septième année consécutive, Airbus est resté le leader mondial de l'aéronautique face à son concurrent Boeing. Boeing a livré 481 appareils et atteint son objectif annoncé début 2009. Cela constitue plus d'une centaine d'avions par rapport au niveau de 2008. Les compagnies aériennes asiatiques représentent les livraisons les plus élevées (34%) suivies par les compagnies américaines (25%). Près de 125 appareils ont été livrés à des compagnies à bas coûts (30%), la première d'entre elles étant Ryanair. Boeing a enregistré 263 commandes. Néanmoins en considérant les annulations, ce montant tombe à seulement 142. Airbus, quant à lui, a livré, 498 appareils l'an passé et affiché plus de 300 commandes. En considérant les annulations de commandes, le montant net s'établit à plus de 250, beaucoup plus que son rival. Boeing a publié un chiffre d'affaires de 68,3 milliards de dollars (environ 48 milliards d'euros) en hausse de 12%. Celui d'EADS (qui détient Airbus) s'établit à 41,7 milliards d'euros (-3,6%). Boeing affiche un bénéfice net réduit de moitié, à 1,3 milliard de dollars (plus de 900 millions d'euros), sauvé par les activités militaires. La perte nette d'EADS atteint 763 millions d'euros, principalement due aux surcoûts du retard de production des 180 avions de transport militaire A400M.
Perspectives et enjeux. Fitch considère que les groupes aéronautiques ne sont pas très généreux avec leurs actionnaires. Ainsi, EADS, qui disposait pourtant d'une trésorerie nette de 4 milliards d'euros à la fin du troisième trimestre, n'a pu en faire profiter ses actionnaires car il doit disposer d'un matelas de sécurité compte tenu des difficultés de l'aviation commerciale et des dépassements de coûts du programme A400M. Le cabinet d'étude PricewaterhouseCoopers estime que la valeur totale des fusions-acquisitions dans l'aéronautique et la défense sur le plan mondial, qui s'est établi à 10 milliards de dollars, a atteint, en 2009, son plus bas niveau depuis dix ans. Sur un marché particulièrement affecté par la crise économique mondiale, les spécialistes s'accordent à penser que l'Asie est un marché porteur. Selon Airbus, les compagnies aériennes de la région Asie-Pacifique devraient commander environ 8.000 appareils, représentant 1.200 milliards de dollars d'ici à 2028. La demande de la région va représenter un tiers de la demande mondiale durant cette période. La plupart des appareils commandés devraient être des gros-porteurs tels que l'A380.
Pour comprendre. Les coûts de production des groupes aéronautiques français sont essentiellement libellés en euros alors que leurs contrats le sont en dollars. Leurs performances sont donc fortement liées à l'évolution du cours du dollar par rapport à l'euro. D'autant qu'avec une rentabilité amoindrie, leur capacité de recherche & développement est menacée, notamment par rapport à leurs concurrents américains.

Copyright 2010 AOF
Tous droits de reproduction et de représentation réservés (
Avertissement légal)